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Acheter sa liberté de créer

En fondant son centre d’art, Céline Grégoire comble son goût de faire des affaires en se consacrant à son art

Financé à même les économies de Céline Grégoire, Les ImpARTfaites a ouvert ses portes en septembre dernier.
Photo Ben Pelosse Financé à même les économies de Céline Grégoire, Les ImpARTfaites a ouvert ses portes en septembre dernier.

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Après avoir travaillé pendant près de 20 ans pour le même employeur, Céline Grégoire a fait le pari de se lancer en affaires en fondant Les ImpARTfaites, un centre d’arts créatifs.

Le saut était quand même vertigineux. Analyste et traductrice pour une firme de recherche marketing, elle quittait un emploi stable qui lui apportait une grande sécurité financière.

« Après toutes ces années, j’avais toutefois l’impression d’avoir fait le tour du jardin », raconte Céline Grégoire, qui est entrée dans l’entreprise comme adjointe administrative pour ensuite gravir les échelons. Elle a bien essayé de monter son projet tout en continuant de travailler, mais « ce n’était plus possible de faire les deux. J’ai décidé de donner ma démission en 2016 ».

Projet d’affaires

Elle a créé un lieu qu’elle-même cherchait depuis longtemps pour laisser aller ses élans artistiques : un espace où des artistes, qu’ils soient professionnels ou amateurs, pourraient se retrouver pour travailler et partager leur savoir.

Si son conjoint et sa famille ont été pris par surprise par sa décision, ils l’ont néanmoins appuyée dans sa démarche.

Une association fructueuse

Elle s’inscrit alors à une formation en lancement d’entreprise à l’École des entrepreneurs MTL. Son projet prend forme petit à petit, mais elle se questionne encore : franchir le pas ou non ? C’est alors qu’elle renoue avec une amie d’enfance, Anne-Marie­­­ Bouchard, qui vient justement de fermer la boutique qu’elle exploitait. Les deux femmes ne se sont pas vues depuis 30 ans, mais l’amitié est intacte.

« Rapidement, on a compris que nos intérêts convergeaient. On était passionnées par l’art et on voulait créer un lieu pour aider et faire connaître les artistes. »

Les amies deviennent ainsi associées. « Cela m’a donné le courage de me lancer. Anne-Marie avait une expérience de l’entrepreneuriat et on pouvait ainsi partager les risques », dit Mme Grégoire. Leur projet d’entreprise est financé à même leurs économies.

Les ImpARTfaites ouvre ses portes en septembre 2017, sur la rue Fleury, dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville de Montréal. En plus d’ateliers et de cours, le centre offre des espaces de travail pour artistes. Les associées viennent aussi de lancer une boutique en ligne.

Apprendre à se connaître

Céline Grégoire s’est découvert des capacités insoupçonnées. « J’ai une tolérance au risque que je ne me connaissais pas. Être entrepreneure me permet également d’exercer ma polyvalence. Il faut prendre des décisions sur des aspects jusque-là inconnus, comme choisir la meilleure plateforme pour notre boutique en ligne. Heureusement, j’aime apprendre », relate celle qui fait des mandats à la pige pour son ancien employeur en attendant que l’entreprise soit profitable.

Elle avoue être encore à la recherche de ses repères. « En me lançant en affaires, je me suis acheté une liberté de créer et de concrétiser mes idées. Je suis maître de mon bateau. Cela apporte beaucoup de satisfactions, mais aussi son lot d’angoisses. En affaires, on vit les montagnes russes chaque jour, mais on apprend à aller avec la vague. »

Son parcours

  • Céline Grégoire, 52 ans
  • Baccalauréat en traduction, Université de Montréal, 2004
  • Analyste en recherche marketing, SOM Recherches & Sondages, de 1998 à 2017
  • Cofondatrice de Les ImpARTfaites, 2017

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « De choisir de persévérer dans les périodes plus difficiles. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « Il y a eu un délai de trois mois avant d’obtenir le permis d’occupation de notre local. Comme nous avions déjà signé le bail, nous avons acquitté le loyer sans pouvoir exploiter l’entreprise. Si c’était à refaire, je m’informerais du délai auprès de la Ville, ou je négocierais pour commencer le bail une fois le permis obtenu. »

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