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Les cadeaux de Bombardier à Airbus

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Des cadeaux d’une incroyable générosité, voilà ce que Bombardier a dû offrir à Airbus pour l’inciter à « embarquer » dans la C Series.

Pourquoi la haute direction de Bombardier a-t-elle donné sur un plateau d’argent la C Series à Airbus ? Je n’y vois qu’une seule raison : Bombardier était fort probablement acculée financièrement au pied du mur avec sa C Series.

On se rappellera qu’à l’époque de l’annonce de l’entente avec Airbus, en octobre 2017, le super avion C Series faisait l’objet de la menace américaine de se faire imposer des droits compensateurs de 300 % à la suite de la guerre sans merci que lui livrait Boeing. Conséquemment, Bombardier semblait incapable de remplir le carnet de commandes du C Series.

Solution extrême

Comme solution extrême pour se sortir du gouffre de la C Series, la direction de Bombardier a offert à Airbus un deal qui vaut aujourd’hui son pesant d’or pour le géant européen de l’aéronautique.

Voici un aperçu des cadeaux de Bombardier à Airbus.

Bombardier a cédé gratuitement à Airbus 50,01 % des parts de la Société en commandite Avions C Series (SCACS), laquelle société détient les actifs de l’avion C Series que Bombardier a développé au coût de 7 milliards de dollars.

En cédant le contrôle de la SCACS à Airbus, Bombardier voyait sa participation tomber à 34 % et le gouvernement Couillard avec son investissement de 1,3 milliard voyait la sienne baisser à seulement 16 %.

Après avoir englouti au cours des deux dernières années des capitaux supplémentaires de 1 milliard dans la SCACS afin de renflouer le manque de liquidités, Bombardier s’est engagée envers Airbus à continuer de renflouer elle-même les coffres de la SCACS.

L’engagement de Bombardier consiste à injecter au cours des 3 ½ prochaines années des capitaux additionnels jusqu’à concurrence de 925 millions $ US (1,2 milliard CA).

« C Series » sur le sundae

Alors que l’injection de capitaux effectuée durant la période allant de l’été 2016 au 1er juillet 2018 avait permis à Bombardier d’augmenter sa participation dans la SCACS, ce ne sera pas le cas avec les prochains capitaux que Bombardier devra investir dans la « nouvelle » SCACS contrôlée par Airbus.

En retour de ses capitaux additionnels, Bombardier recevra des parts sans droits de vote et sans possibilité de plus-value. Cela permet à Airbus de ne pas se faire diluer et ainsi de conserver le contrôle de la SCACS avec 50,01 % des parts. Même chose pour Québec. Bombardier se contentera de recevoir un dividende annuel de 2 % et de se faire rembourser ledit montant advenant le rachat de sa participation par Airbus.

Bombardier a également pris l’engagement de construire une nouvelle ligne d’assemblage à l’usine américaine d’Airbus, à Mobile, en Alabama. Le financement sera puisé à même les capitaux supplémentaires qu’avancera Bombardier.

Et la « C Series » sur le sundae ? Bombardier a donné à Airbus un bloc de 100 millions de bons de souscription de Bombardier qui vaut aujourd’hui 260 millions de dollars.

Aux yeux de la direction de Bombardier, ce généreux deal avec Airbus permettra au gouvernement Couillard de sauver sa mise !