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Bond des plaintes pour agressions sexuelles

Près de 5300 dénonciations jugées fondées en 2017

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OTTAWA | Le nombre de plaintes d’agression sexuelle jugées fondées par les policiers québécois a explosé en 2017, révèlent de nouvelles données de Statistique Canada.

Le mouvement #MeToo aura manifestement eu son effet au Québec. En 2017, le nombre de dénonciations d’agression sexuelle de niveau 1 (qui ne comporte pas l’utilisation d’une arme ou qui blesse, mutile ou défigure la victime) a bondi de 21 %, pour atteindre 5261, contre 4335 en 2016.

Idem pour les dénonciations d’agression sexuelle contre les enfants qui ont augmenté de 25 % en à peine un an, nous apprennent les données de Statistique Canada publiées lundi.

« En 2017, les médias et les réseaux sociaux ont par ailleurs accordé une grande attention à des campagnes comme #MoiAussi et #EtMaintenant, qui ont permis de sensibiliser la population à la fréquence des agressions sexuelles et du harcèlement sexuel et d’exiger la reddition des comptes », écrit l’organisme fédéral.

Une première en 20 ans

Le rapport de lundi marquait aussi la première fois en 20 ans que Statistique Canada reprenait le calcul des plaintes à la police jugées « non fondées », soit lorsque les policiers jugeaient qu’aucun incident n’avait été commis.

On y apprend notamment que c’est au Québec que la proportion d’agressions non fondées était la plus faible parmi les provinces et territoires. Seulement 9,7 % des plaintes ont été classées non fondées, comparativement à la moyenne nationale de 14 %.

« Au cours de l’année 2017, des discussions portant sur l’inconduite sexuelle et la violence sexuelle étaient présentes de manière continue dans les médias et les réseaux sociaux, ce qui a probablement eu une incidence sur le nombre d’agressions sexuelles signalées à la police », a indiqué Statistique Canada.

L’an dernier, un reportage du Globe and Mail rapportait que pas moins de 20 % des plaintes pour agression sexuelle au Canada étaient jugées non fondées.

Crimes plus violents

À l’échelle nationale, l’Indice de gravité des crimes violents qui mesure le volume et la gravité des crimes violents déclarés par la police au Canada a augmenté de 5 % en 2017.

C’est d’ailleurs la troisième année de suite que le nombre et la gravité des crimes à travers le pays augmentent.

« Plus de la moitié de cette hausse s’explique par l’augmentation des taux d’affaires d’agression sexuelle de niveau 1, d’homicide et de vol qualifié déclarés par la police », explique l’étude de Statistique Canada.

Le nombre de tentatives de meurtre aussi augmenté de 4 % en un an à travers le pays, un phénomène particulièrement attribuable a une hausse marquée au Québec (49 en 2017) à cause de la fusillade à la mosquée de Québec.

Le nombre d’homicides a aussi bondi un peu partout à travers le pays, dont au Québec (hausse de 39 % entre 2016 et 2017).

Fait particulier : Saguenay est la seule région métropolitaine canadienne où il n’y a eu aucun homicide en 2017, note le rapport.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI