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Gatineau transformée en dépotoir

Un nouveau règlement sur les déchets mal compris par des citoyens qui dispersent leurs vidanges partout

Des matelas, sofas et têtes de lit ont été abandonnés à proximité d’une boîte de dons sur un terrain près du boulevard Maloney à Gatineau.
Capture d'écran, TVA Nouvelles Des matelas, sofas et têtes de lit ont été abandonnés à proximité d’une boîte de dons sur un terrain près du boulevard Maloney à Gatineau.

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GATINEAU | La Ville de Gatineau a adopté un règlement plus sévère afin de réduire de moitié la quantité de déchets enfouis, mais des citoyens jettent plutôt leurs rebuts un peu partout dans la ville.

De nombreux vêtements et des sièges pour bébé jonchent le sol aux côtés d’une boîte de dons.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
De nombreux vêtements et des sièges pour bébé jonchent le sol aux côtés d’une boîte de dons.

Depuis une semaine, des dépotoirs improvisés font leur apparition à proximité de boîtes de dons appartenant à des organismes communautaires. Le Journal a pu en constater au moins quatre hier matin.

La nouvelle réglementation sur les matières résiduelles est entrée en vigueur il y a à peine une semaine, le 15 juillet, mais elle commence déjà à avoir un effet pervers.

La Ville de Gatineau ne ramasse plus les gros rebuts et les déchets de construction avec les ordures ménagères toutes les deux semaines comme elle le faisait auparavant.

Elle tiendra seulement quatre collectes de ce type de déchet par année.

Les citoyens peuvent cependant aller porter leurs déchets à l’Écocentre.

Facture aux organismes

Mais plutôt que de disposer de leurs rebuts comme il faut, des citoyens abandonnent un peu partout sur le territoire de la ville des objets dont ils veulent se départir, comme des sofas, des tables et des têtes de lit.

Sur ce terrain, on retrouve un fauteuil, des meubles et des sacs à ordures notamment.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Sur ce terrain, on retrouve un fauteuil, des meubles et des sacs à ordures notamment.

On voit le phénomène surtout près des boîtes de dons de vêtements.

Pour l’instant, ce sont des organismes communautaires qui doivent payer la note pour disposer de ces déchets.

La Saint-Vincent-de-Paul a notamment dû payer une facture de plus de 400 $ hier pour le transport de déchets.

La conseillère municipale de Gatineau Louise Boudrias estime que la Ville devra jongler avec les contrecoups de sa réglementation.

« Ça risque de causer des problèmes. Notre première année va nous permettre de constater les enjeux entourant tout ça. Je m’attends à certaines problématiques et la Ville devra agir », croit-elle.

Plaintes

Depuis le 15 juillet, la municipalité a reçu cinq fois plus de plaintes qu’à l’habitude pour des encombrants laissés sur des terrains privés ou encore des dépôts sauvages.

Pas moins de 27 plaintes ont été enregistrées en huit jours comparativement à cinq pour la même période en 2017.

La compagnie responsable de disposer des ordures à Gatineau remet, depuis les nouvelles règles, une trentaine d’avis chaque jour à des gens qui ont déposé des encombrants devant leur résidence.

« C’est certain que si on compare l’été 2017 avec l’été 2018, on pourrait voir une augmentation sur une courte période, mais sur 12 mois, on ne s’attend pas à avoir une augmentation », a expliqué par courriel le Service des communications de la Ville de Gatineau.

Cette nouvelle réglementation a été annoncée en mars dernier par la Ville de Gatineau.

La municipalité doit réduire de moitié la quantité de déchets qu’elle envoie aux sites d’enfouissement chaque année pour répondre aux nouvelles normes du gouvernement du Québec.

 

NOUVELLE RÉGLEMENTATION

Depuis le 15 juillet

  • Les encombrants ne sont plus ramassés à la rue avec les ordures ménagères.
  • 4 collectes spéciales par année pour les encombrants.
  • Les matières compostables sont interdites dans le bac à ordures.

Juillet 2019

  • Le volume du contenant d’ordures ménagères sera limité à 120 litres par résidence aux deux semaines.
  • Les citoyens qui dépasseront cette limite devront se procurer des sacs supplémentaires autorisés par la Ville moyennant une somme d’argent.

– Avec Simon-Pier Ouellet