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Tensions entre la SQ et les Hells

Un membre en règle publie deux vidéos d’une interception où il dit qu’un policier veut le « taser »

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Des enregistrements vidéo de l’interception d’un Hells Angel par la Sûreté du Québec témoignent de vives tensions entre les motards et les policiers de la province.

Martin Gamache, un membre des Hells Angels de Québec, a diffusé sur sa page Facebook ces images révélatrices prises vendredi dernier et le montrant en train de narguer un patrouilleur qui refuse de s’en laisser imposer.

Le lendemain, Le Journal révélait d’ailleurs que la pression sur les motards allait monter, puisque la police les soupçonne d’être à l’origine d’une lettre de menaces de mort visant le patron des communications de la SQ, l’inspecteur Guy Lapointe, et le père de ce dernier, l’ex-défenseur étoile du même nom devenu une légende du Canadien de Montréal.

Rires sarcastiques

Selon nos sources, Gamache et une demi-douzaine d’autres motards avaient été contraints par un policier de s’immobiliser en bordure de la route 175, dans la réserve faunique des Laurentides.

Ils se dirigeaient vers Saint-David-de-Falardeau, au Saguenay, où un party de Hells se tenait le lendemain.

Sur une vidéo tournée par un de ses camarades, on voit Gamache, 47 ans, arborant ses « patchs » aux couleurs des Hells et bien assis sur sa Harley Davidson alors qu’un policier est retourné à son véhicule.

« Il veut me “taser” ! » lance alors le Hells à ses amis avec une pointe de sarcasme dans la voix, déclenchant aussitôt des rires au sein du groupe.

« Dernier avertissement ! »

Le patrouilleur revient armé d’un pistolet à impulsion électrique — communément appelé « Taser gun » — dans la main droite et pointé vers le sol. Pendant que le motard sort son cellulaire pour le filmer, le policier somme Gamache de reculer jusqu’à la moto se trouvant en tête du peloton.

« Dernier avertissement ! Je t’ai dit de te mettre en avant de la première machine, le temps que je fasse ma job. Fais ce que je te dis sinon tu vas te faire arrêter pour entrave », prévient le policier.

« C’est donc ben long pour rien », s’est plaint ce motard.
Photo capture d’écran tirée de Facebook
« C’est donc ben long pour rien », s’est plaint ce motard.

« Police de carton »

On entend ensuite un motard traiter le patrouilleur de « police de carton ».

En sacrant, un autre reproche au policier de faire « du taponnage » avec ses vérifications visant apparemment à s’assurer que les motos sont en règle avec le Code de la sécurité routière.

« Niaiseux », finit-il par dire au patrouilleur.

« Recule. OK, restez là astheure ! » ordonne le policier à Gamache avant la fin de l’enregistrement.

Selon nos informations, Martin Gamache est reparti sans avoir de billet de contravention.

« Si c pas de l’abus ça, il voulait me ’taisez’ pour rien [...] criss », s’est-il plaint sur Facebook.

« Restez là, astheure ! » a ordonné le patrouilleur.
Photo capture d’écran tirée de Facebook
« Restez là, astheure ! » a ordonné le patrouilleur.

Pas d’arrestation

Le party au Saguenay a attiré 80 motards. Il y avait 15 membres en règle des Hells des chapitres de Montréal, Trois-Rivières, Québec, de la Rive-Sud (South) et de la section ontarienne des Nomads.

Des policiers des escouades de lutte contre le crime organisé ont aussi identifié une soixantaine de membres de clubs supporteurs des Hells comme les Devils Ghosts, les Dark Souls et les Iron Beast.

Personne n’a été arrêté et un seul motard est reparti avec un constat d’infraction.

« On va continuer à déployer la même stratégie. Nous serons présents là où les motards vont se rassembler », a dit l’inspecteur Lapointe, qui veut continuer de faire son travail malgré les menaces adressées jeudi dernier contre lui et son père.

Qui est Martin Gamache ?

Photo d'archives
  • Surnommé « Gros Gam »
  • Membre des Hells Angels depuis le 26 mai 2004
  • Membre de « l’équipe de baseball » des Hells qui saccageait des bars associés aux Rock Machine dans les années 1990 pendant la guerre des motards
  • Condamné à 50 mois de pénitencier en 1998 pour des crimes liés aux armes à feu et aux stupéfiants
  • Arrêté dans l’opération SharQc, il s’est reconnu coupable de complot pour meurtres et fut condamné à l’équivalent de 15 ans d’incarcération en 2013
  • Est libre depuis 2016 après avoir obtenu une réduction de peine par la Cour d’appel
  • Il a suivi un régime et a maigri de 50 kg en prison