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Le retour des curés

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J’ai des amis plus vieux que moi qui ont fait la bamboula dans les années 70.

Alcool, drogues, amour libre, attaques contre le clergé — tout le kit. Ils ont profité à plein de la révolution des mœurs qui a déniaisé le Québec. Pour eux, l’Expo 67 était un gros terrain de jeu, un buffet « All You Can Eat ».

RETOUR VERS LE PASSÉ

Or, chaque fois que je revois ces amis (qui travaillent pour la plupart dans le milieu des communications), ils me disent toujours la même chose. « WTF ? Qu’est-ce qui s’est passé, au Québec, pour qu’on devienne soudainement si puritains ? J’ai l’impression d’avoir été jeté de force dans une machine à voyager dans le temps et de me retrouver à l’époque des curés ! »

Savez-vous ce qui les choque le plus ? Le fait que ce sont les jeunes qui se comportent comme des grenouilles de bénitiers ! À leur époque, c’était les jeunes qui ruaient dans les brancards et les vieux qui protégeaient la morale et appelaient à la censure !

Aujourd’hui, c’est l’inverse. Qu’est-ce qu’on a mis dans l’eau, bout de viarge, pour qu’on en arrive là ? Parfois, j’imagine ce que France Castel, Donald Pilon, Danielle Ouimet, Marcel Sabourin, Claude Péloquin, Raymond Cloutier, Robert Charlebois et Lucien Francoeur pensent en regardant ce qui se passe dans le milieu de la culture, aujourd’hui.

Ils doivent capoter.

Ils doivent se sentir encore plus stoned que lorsqu’ils se pétaient la fiole chez Bourgetel ou à la Casa Pédro.

LES GARDES ROUGES

Hier, Rémy Girard et Gilbert Sicotte ont brisé le silence pour dire qu’ils commençaient à en avoir ras le pompon de la rectitude politique ambiante.

Bravo !

J’espère que d’autres artistes vont aussi monter au créneau pour dénoncer ceux que Guy Fournier appelait dans sa chronique d’hier les « gardes rouges de la morale ». Aujourd’hui, c’est bien simple, les Cyniques seraient mis à l’index. Idem pour Valérie, Deux Femmes en or et toutes les comédies sexy qui ont déniaisé la province en « déshabillant la p’tite Québécoise », pour reprendre l’expression de Denis Héroux.

Quant à Plume, oubliez ça !

Imaginez une chanson comme Les Pauvres, aujourd’hui... « Les pauvres, ça mendie tout l’temps, c’est ben achalant / Ça va pas à l’école, c’est pas des grosses bolles / Si leur vie est si malaisée, qu’ils fassent pas de bébés... »

Le deuxième degré passerait 25 000 pieds par-dessus la tête des gardiens de la morale.

Les Francofolies annuleraient ses spectacles !

AVEC PAS DE DENTS

Savez-vous quel va être l’endroit le plus hot et le plus décapant dans quelques années ?

Le Chez nous des artistes ! Quand les artistes qui ont brassé la cage dans les années 60 et 70 vont se retrouver là... Elle aura beau être édentée et avoir les seins aux genoux, France Castel va quand même être plus drôle que la plupart des jeunes curés qui, aujourd’hui, font le tour des salles de spectacles pour voir si les œuvres présentées contreviennent à la morale publique.

J’irai la voir et on chantera des vieilles chansons de Plume...

« Fou comme une plotte qui se frotte sur un cadre de porte... »