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Une secrétaire d’hôpital aurait joué le rôle d’infirmière

L’employée congédiée aurait fait une prise de sang et discuté de son faux métier avec ses voisins

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GATINEAU | Une adjointe administrative de l’hôpital de Gatineau qui aurait prétendu être une infirmière est entre autres accusée d’avoir fait une prise de sang à son voisin.

Véronique Richard fait face à deux accusations pénales pour exercice illégal et usurpation du titre d’infirmière.

Dès que la dame de 34 ans a emménagé dans le voisinage de Danny Charette et Lisa Matthews en 2013, elle se serait présentée en affirmant qu’elle était infirmière à l’hôpital de Gatineau depuis 10 ans.

En 2016, pour rendre service à son voisin, la femme aurait même effectué une prise de sang dans sa résidence.

« Mon médecin m’a donné les résultats quelques semaines plus tard. Mais aujourd’hui, je ne sais même pas si c’était les bons », a dit Danny Charette en entrevue jeudi.

Le couple se questionne d’autant plus que l’accusée était en congé maladie de longue durée lorsqu’elle aurait effectué cet acte habituellement réservé aux infirmières.

« Elle aurait eu accès au matériel. Elle aurait rentré les données des fioles dans le laboratoire. Personne ne lui a demandé ce qu’elle faisait là ? On ne sait même pas si le matériel était stérile », dénonce la conjointe de l’homme, Lisa Matthews.

Quel massage cardiaque ?

Le couple affirme qu’il n’hésitait pas une seconde à demander des conseils à leur voisine lorsque leurs enfants avaient des problèmes de santé.

Dans le cadre de soupers d’amis entre voisins, Véronique Richard aurait discuté de son faux métier d’infirmière.

« Elle racontait les histoires de massages cardiaques qu’elle avait effectués, ou encore la fois où elle avait dû tenir la tête d’un patient qui avait la gorge tranchée. Elle s’est approprié des histoires où elle n’était même pas impliquée. J’ai eu de l’empathie pour des patients qui n’existent peut-être même pas », déplore la dame.

L’an dernier, une connaissance du couple l’a informé que, selon des infirmières de l’hôpital de Gatineau, la dame ne pratiquait pas ce métier.

Lisa Matthews et Danny Charette (photo) disent s’être fait raconter plein d’histoires sur la fausse vie d’infirmière de leur voisine Véronique Richard. Elle aurait même fait une prise de sang à M. Charette.
Photo collaboration spéciale, Pierre-Jean Séquin
Lisa Matthews et Danny Charette (photo) disent s’être fait raconter plein d’histoires sur la fausse vie d’infirmière de leur voisine Véronique Richard. Elle aurait même fait une prise de sang à M. Charette.

En poussant ses recherches, Lisa Matthews a réalisé que sa voisine n’avait jamais été membre de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. En fait, elle était adjointe administrative à l’hôpital.

« On avait une confiance. On s’est trompés sur toute la ligne. On se sent trahis », dit Mme Matthews.

Le procès de Véronique Richard est prévu au mois d’octobre.

 

La femme a été congédiée

 
Simon-Pier Ouellet
Collaboration spéciale
 

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais n’a pas attendu les conclusions de l’enquête de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec pour congédier son adjointe administrative.

Véronique Richard n’est plus employée par l’hôpital de Gatineau depuis octobre 2017.

Elle a été congédiée de son poste de secrétaire dès que ses supérieurs ont été mis au fait des allégations selon lesquelles elle aurait prétendu être une infirmière pendant plusieurs années.

L’appropriation, sans permission, de matériel servant à effectuer des prises de sang a notamment pesé lourd dans les mesures disciplinaires.

Pas réglé

À la suite de plusieurs mois d’enquête, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a déposé officiellement des accusations pénales il y a quelques mois à peine.

Jointe au téléphone par Le Journal jeudi, Véronique Richard s’est contentée de dire que « tout est réglé ».

Or, elle fait toujours face à deux accusations pour avoir joué le rôle d’une infirmière.

Elle a d’ailleurs plaidé non coupable en mai à ces accusations pénales.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a admis qu’il s’agissait d’accusations peu fréquentes et qu’il considère tout cela comme de graves infractions.

– Avec la collaboration de Pierre-Jean Séguin