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Deux fois moins d’enquêtes indépendantes

Deux fois moins d’enquêtes indépendantes
Photo d'archives

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Le Bureau des enquêtes indépendantes compte presque deux fois moins de dossiers actifs en 2018 qu’à pareille date l’an dernier, même s’il a ouvert sa troisième enquête en une semaine hier.

Ses enquêteurs ont dû se déplacer sur le site de 20 événements depuis le 1er janvier 2018. À la même date en 2017, le nombre d’enquêtes s’élevait à 35. L’année 2017 a d’ailleurs été la plus occupée en termes d’enquêtes indépendantes – tous corps policiers confondus – depuis 19 ans. Un total de 49 enquêtes indépendantes ont été déclenchées.

Le mandat du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) est d’enquêter lorsqu’une personne décède ou subit une blessure grave dans le cadre d’une intervention policière.

Matière à réflexion

La condamnation pour homicide involontaire d’un policier pourrait expliquer la baisse du nombre d’interventions, selon l’ex-enquêteur à la Sûreté du Québec (SQ) Paul Laurier

Il estime qu’il est plausible que le jugement visant le policier Éric Deslauriers vienne « faire réfléchir et jouer dans la tête des agents ».

Deslauriers a écopé de quatre ans de pénitencier en mai après avoir abattu mortellement un adolescent qui tentait de lui échapper lors d’une intervention policière en 2014 à Sainte-Adèle, dans les Laurentides. Il avait été déclaré coupable en septembre 2017.

Au moment de sa condamnation, l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) s’inquiétait des répercussions de cette sentence, soulignant « qu’il est prévisible que cet événement cause un profond malaise dans la communauté policière », car le jugement pourrait faire hésiter certains policiers à ne pas dégainer au cours d’interventions.

« Pas de corrélation »

Au Journal, l’APPQ n’a pas commenté les statistiques du BEI, faisant valoir « qu’il n’y a pas de corrélations entre le nombre d’enquêtes et la condamnation », a dit leur porte-parole, Laurent Arel. « Même sans mot d’ordre syndical ou patronal, c’est certain qu’entre les gars dans les postes, ça se discute. Ça a un effet dissuasif de savoir que tu pourrais te retrouver en prison », soutient toutefois Paul Laurier.

Il ajoute que la baisse du niveau de criminalité et les techniques et armes non létales à la disposition des policiers peuvent aussi être des facteurs.

De son côté, le BEI indique qu’il « ne peut confirmer ou infirmer » si cela a un effet sur ses enquêtes.

« Le fait d’être moins souvent déployés sur les lieux d’une enquête et de collaborer à un nombre moindre d’enquêtes permet aux enquêteurs de travailler sur les enquêtes en cours », a souligné le BEI par courriel.