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La taxe scolaire

La taxe scolaire
Photo d'archives, Simon Clark

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Rien n’est gratuit en ce monde, même pas l’éducation. La taxe scolaire constitue un moyen parmi d’autres pour les autorités de se procurer les revenus nécessaires à la réalisation de cette mission gouvernementale. Les écarts du taux de taxation entre les régions peuvent faire sourciller, mais ils reflètent leurs conditions socioéconomiques et ils favorisent une certaine équité entre elles. La décision du gouvernement libéral d’uniformiser le taux par région s’avérait somme toute la plus équitable tout en sachant que le manque à gagner des commissions scolaires serait épongé directement par Québec.

La décision des libéraux d’uniformiser le taux de taxation par région coûtera 600 millions de dollars à l’État et la proposition des caquistes de l’uniformiser pour l’ensemble du Québec en coûterait le double. Quoiqu’on en pense, il n’y a pas de véritable baisse des coûts pour les citoyens mais tout simplement une façon différente de les assumer. Cette jonglerie avec les chiffres a comme dessein de les mystifier et de nourrir les apparences que les partis veulent leur en laisser plus dans les poches. Les économies apparentes du dernier compte de taxes seront cependant vite dilapidées par les impôts.

Il y a plus de dix ans que les gouvernements libéraux nous entretiennent dans l’illusion des baisses d’impôts et la CAQ voudrait nous entrainer dans le même film. Comme à l’image du scénario que nous vivons cet été avec les taxes scolaires, nous voyons nos gouvernements baisser taxes et impôts tout en créant un tarif ou une cotisation pour un service ou programme gouvernemental. Malgré les promesses de baisses d’impôts des deux dernières décennies, les citoyens demeurent convaincus qu’ils sont saignés à blanc par les taxes et les impôts et qu’ils payent toujours trop. Ils n’ont pas tort, car les gouvernements ont tout simplement raffiné les moyens de leur soutirer une partie plus importante de leurs revenus personnels.

Les partis politiques continueront de tergiverser sur la taxe scolaire entre son uniformisation régionale ou québécoise, toutefois il ne faudrait pas croire qu’il en coûtera moins cher à l’ensemble de la population. Les véritables gagnants des mesures proposées par les libéraux et les caquistes sont les grands propriétaires fonciers, principalement les compagnies, qui bénéficient de baisses appréciables qui seront refourguées aux citoyens à même les impôts généraux. Le véritable débat devrait beaucoup plus porter sur l’équité fiscale et la progressivité des mesures proposées par les partis, mais ceux-ci préfèrent nous distraire avec l’accessoire en laissant croire à une illusoire égalité de traitement et plusieurs citoyens tombent dans le piège.

L’uniformisation régionale du taux de la taxe scolaire mise en œuvre par les libéraux est un moindre mal par rapport à la proposition de la CAQ, mais elle augure tout de même d’une augmentation des charges pour les particuliers et éventuellement d’une nouvelle période d’austérité pour l’éducation. L’audace commanderait plutôt la transparence sur les coûts afférents à l’éducation et l’assurance que les riches payeront leur juste part.