/weekend
Navigation

Des lettres aux livres

Coup d'oeil sur cet article

L’auteure-compositrice-interprète Stéphanie Boulay, qui est cette année porte-parole des Correspondances d’Eastman, met la musique de côté pour nous parler des livres qu’elle a aimés.

De façon générale, vous lisez de tout ou est-ce qu’il y a des genres que vous aimez plus particulièrement ?

Je lis de tout, y compris de la psychopop. Mais j’adore la littérature des femmes, plus particulièrement Marguerite Duras, Annie Ernaux et, ici, Anaïs Barbeau-Lavalette et Audrée Wilhelmy, entre autres.

Parmi toutes les nouveautés, y a-t-il des livres qu’on devrait, selon vous, s’empresser de lire ?

La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette. J’ai beaucoup aimé. Tout doit partir, de Johanne Fournier, et aussi Sauf que j’ai rien dit, de Lily Pinsonneault, et tout d’Audrée Wilhelmy. Et Le nid de pierres de Tristan Malavoy, et j’ai du mal à m’arrêter.

Côté romans, vous avez quelques grands favoris ?

Le ravissement de Lol V. Stein, de Marguerite Duras, Écrire la vie, la brique qui contient presque tout d’Annie Ernaux, La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaétan Soucy, Beauté baroque, de Claude Gauvreau, et Les fous de Bassan, d’Anne Hébert.

Et quels ont été vos plus récents coups de cœur ?

Passion simple, d’Annie Ernaux, et Les luttes fécondes, de Catherine Dorion. Et je suis en train de lire Je voudrais qu’on m’efface, d’Anaïs Barbeau-Lavalette : j’ai pleuré à la troisième page.

Parlez-nous un peu des Correspondances d’Eastman, qui se tiendront cette année du 9 au 12 août.

C’est un magnifique séjour champêtre à Eastman qui, d’une part (et c’était le volet originel), offre aux festivaliers tout plein de jardins à travers la ville où aller écrire des lettres. C’est donc le retour aux sources de la littérature : l’épistolaire. C’est ainsi une forme de démocratisation de la littérature, je trouve, parce que beaucoup beaucoup de gens peuvent écrire une lettre, aussi simple soit-elle. Le festival offre même les timbres pour envoyer les correspondances un peu partout à travers le monde. Bon, il y a ça, mais il y a aussi un volet musical : chaque soir, des spectacles au Cabaret Eastman (j’y ai d’ailleurs participé l’an dernier, avec ma sœur). Et finalement, les festivaliers ont accès à des rencontres avec des figures de proue de la littérature, tout comme des nouveaux visages. On y parlera de sujets en lien avec les coulisses de la littérature.

Et pourquoi avez-vous accepté d’en être la porte-parole ?

Premièrement, parce que j’avais le temps, vu mon année sabbatique (qui n’en est pas une finalement) ! Mais surtout, parce que j’ai vécu le festival de l’intérieur l’année dernière, en assistant notamment à la cérémonie de clôture et en pleurant toutes les larmes de mon corps à l’écoute des lettres. Parce que c’est une initiative magnifique qui fait rayonner une communauté et ses habitants. Parce que j’aime la nature et le temps qui passe. Parce que j’ai envie parfois de revenir aux sources : un papier et un crayon.

Pendant ces Correspondances, qu’est-ce que vous vous promettez de ne surtout pas rater ?

Je veux essayer de visiter tous les jardins. Les habitants d’Eastman les mettent beaux pendant tout l’été, en prévision du festival. C’est de l’amour, ça. Je veux aussi aller entendre Catherine Major et David Goudreault. Mais je pense que je serai sûrement un peu (trop) partout.

Dernière petite question : qu’avez-vous l’intention de lire cet été ?

J’essaie de calmer mon esprit, je traîne donc sur moi L’art subtil de s’en foutre, de Mark Manson.