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La tempête

le chroniqueur de L'actualite, Jean-Francois Lisee, le journalis
Photo courtoisie Jean-François Lisée

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Robert Lepage doit être sur le cul.

Humaniste, l’un de nos artistes les plus ouverts sur le monde, voici qu’il est traité de raciste pour avoir voulu parler d’esclavage et de culture autochtone !

C’est le monde à l’envers.

Bienvenue en 2018, Monsieur Lepage. Époque de grande confusion idéologique.

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Heureusement, ce n’est pas tout le monde qui a perdu le Nord dans la tempête. Certaines personnes ont continué de garder le cap, même si le vent soufflait fort.

Je me contente d’en saluer deux : Jean-François Lisée, qui n’a pas mâché ses mots sur Twitter, dénonçant à la fois « la pression des censeurs » et « la faiblesse morale des coproducteurs » du spectacle Kanata qui ont mené à un « intolérable recul de la liberté artistique ».

Le chef du PQ aurait pu mettre des gants blancs et publier un communiqué mollasson rempli de mots creux et de bonnes intentions, comme la plupart des politiciens.

Il a au contraire eu le courage d’appeler un chat un chat, au risque de passer (encore une fois) pour un méchant raciste aux yeux des Martin Patriquin de ce monde.

C’est le genre de réaction qu’on attend de la part d’un homme qui brigue le poste de premier ministre, bravo !

Autre accolade à Konrad Sioui, le grand chef des Hurons-Wendats, qui a déploré l’annulation d’un spectacle qui aurait pu « faire valoir une image positive des Premières Nations » à travers le monde.

« Il faut éviter de tomber dans la victimisation à outrance », a-t-il ajouté.

J’ai toujours aimé le pragmatisme de cet homme, qui préfère le gros bon sens à l’idéologie. Ce chef autochtone fait honneur à son peuple.

D’ailleurs, un conseil d’ami : profitez de vos vacances pour passer une nuit au magnifique Hôtel-Musée des Premières Nations, à Wendake, et manger à l’excellent restaurant La Traite.

J’y suis allé à de nombreuses reprises, et je suis tombé sous le charme de la culture huronne-wendat.

Ça, c’est une façon constructive d’ériger des ponts entre les nations et les cultures ! Pas lancer des flèches à tout le monde...

Pouce en bas

De l’autre côté du spectre, la palme de la réaction la plus bête va à Anne Lagacé Dowson, analyste politique à Radio-Canada.

« Vous noterez que Robert Lepage ne produit pas ses pièces à Montréal, a-t-elle écrit. C’est un gars de Québec avec l’étroitesse d’esprit que cela implique. » Un raciste juge les gens selon la couleur de leur peau. Madame Lagacé Dowson, elle, juge les gens selon l’endroit où ils vivent et travaillent.

Guère plus brillant.

Rappelons que cette femme s’est présentée à deux reprises pour le NPD.

Et il y a Maïtée Labrecque-Saganash, qui a écrit sur les médias sociaux que tout ce que les militants qui manifestaient contre le spectacle Kanata voulaient, c’était « bonifier la pièce de Robert Lepage ».

Wow ! Comme on dit, ça ne se prend pas pour un Seven-Up flat.

Je ne savais pas que madame Labrecque-Saganash était une référence en écriture dramatique. Dommage que Shakespeare et Molière n’aient pas pu bénéficier de ses précieux conseils.

Bientôt, si ça continue, toutes les œuvres devront être approuvées par des comités citoyens avant d’être présentées au public...