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Macabre cambodge

Cet arbre était utilisé pour fracasser des crânes.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Cet arbre était utilisé pour fracasser des crânes.

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Contrairement à d’autres pays où l’on cultive l’amnésie des crimes commis, par exemple la Chine avec le massacre de la place Tienanmen ou la Turquie avec le génocide arménien (dont on n’a pas le droit de parler sous peine de prison), le Cambodge, lui, ne craint pas l’examen de conscience. Dans la capitale, le guide touristique vous offre même l’occasion de pénétrer au cœur du cauchemar qui a éliminé de 1,7 à 3 millions de personnes, soit le cinquième ou le tiers de la population.

On entassait les prisonniers par 50 dans ces cellules sans hygiène ou nourriture. De toute façon, ils allaient mourir.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
On entassait les prisonniers par 50 dans ces cellules sans hygiène ou nourriture. De toute façon, ils allaient mourir.

C’est peut-être un cas unique au monde que ce peuple qui s’est pour ainsi dire « autogénocidé »... Et le régime communiste des Khmers rouges du chef Pol Pot n’a pourtant duré que quatre ans, de 1975 à 1979. Ça fait à peine quarante ans ! Quiconque semblait suspect d’être un « intellectuel » le moindrement occidentalisé était condamné. On a détruit les montres et enlevé l’heure dans les endroits publics pour demander aux gens de recommencer à juger le temps à partir du soleil... On a banni les moteurs à essence dans l’agriculture pour retourner à la charrette. Toute la population de Phnom Penh a été exilée à la campagne pour être « rééduquée ». Cette utopie avait un grand nombre de partisans au Québec dans la gau-gauche... mais rapidement la vérité est apparue pour désillusionner nos prédicateurs des évangiles communistes.

Un lit de torture pour forcer les prisonniers à dénoncer d’autres gens qui allaient ensuite se faire torturer pour dénoncer d’autres gens, et ainsi de suite. Seulement 7 des 20 000 internés de la prison S-21 ont survécu.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Un lit de torture pour forcer les prisonniers à dénoncer d’autres gens qui allaient ensuite se faire torturer pour dénoncer d’autres gens, et ainsi de suite. Seulement 7 des 20 000 internés de la prison S-21 ont survécu.

Témoignage d’un passé sombre

À Paris, les crânes des catacombes datent du Moyen-Âge. Dans ce musée, ils n’ont qu’une 
quarantaine d’années.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
À Paris, les crânes des catacombes datent du Moyen-Âge. Dans ce musée, ils n’ont qu’une quarantaine d’années.

Iriez-vous visiter une ancienne salle de torture ? Un « arbre de la mort » où l’on fracassait les crânes des enfants ? Une fosse commune si peu creuse que les os sortent de terre ? Cette ultra-violence en dérange plusieurs. Le touriste moyen vient voir les merveilles du temple d’Angkor Wat... pas les traces de sordides crimes de masse. La visite des prisons des Khmers rouges s’associe dans ma mémoire à celle d’Auschwitz, où l’odeur de la mort parfume encore le ciel et donne la nausée. Pourtant, il faut se rappeler.