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Un tournoi de volleyball pour l’éducation sexuelle

Un tournoi de volleyball pour l’éducation sexuelle
NADIA LEMIEUX/24 HEURES/AGENCE QMI

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Une quinzaine de bars et de restaurants participaient dimanche à un tournoi de volleyball de plage à Montréal afin d’amasser des fonds pour que les jeunes montréalais puissent avoir accès à une meilleure éducation sexuelle.

Dix-sept équipes formées d’employés de bars et de restaurants de Montréal ont pris part au 13e tournoi de volleyball annuel de l’organisme À deux mains, qui avait lieu dimanche au parc Jeanne-Mance.

L’évènement devenu tradition visait à recueillir 25 000 $ pour supporter le projet Sens, un programme d’éducation sexuelle dans les écoles secondaires de Montréal.

« On mobilise des bars et des restaurants pour qu’ils fassent de la collecte de fonds dans leurs établissements, explique Charlie, coordonnateur du projet Sens et préférant garder son nom de famille anonyme en raison de son statut d’intervenant auprès des jeunes. C’est le fun pour eux, c’est une belle activité d’équipe. On a des équipes qui viennent depuis des années. »

Le bar Grumpy’s en était à sa dixième participation au tournoi. Son équipe est celle qui a amassé le plus de fonds lors de ses sept dernières participations. Cette année, le bar a collecté environ 4000 $.

« On connait les gens d’À deux mains et c’est un organisme communautaire qui a aidé certains d’entre nous et de nos amis quand ils étaient jeunes, fait valoir le gérant du Grumpy’s, Ram Krishnan. Et on trouve incroyable le fait qu’ils ont une clinique gratuite pour les jeunes. »

Sans jugement

Depuis 10 ans, des bénévoles de 18 à 25 ans formés dans le cadre du projet Sens donnent aux jeunes de niveau secondaire des ateliers portant sur la sexualité. Les thèmes abordés comprennent entre autres l’identité sexuelle et de genre, les pratiques et méthodes sexuelles sécuritaires et l’importance du consentement.

« On est un programme par et pour les jeunes. L’avantage d’avoir des éducateurs qui sont près du groupe d’âge des jeunes du secondaire, c’est qu’ils parlent le même langage », indique Charlie.

« Aussi, on n’est pas une figure d’autorité. C’est toujours cool d’avoir quelqu’un à qui te référer qui n’a pas une autorité sur toi, qui ne te met pas de note et qui ne connait pas ton parcours. »

Récemment, l’organisme a développé de nouveaux ateliers mettant plus d’accent sur l’orientation sexuelle et la vie privée en ligne.

« Avant, les enjeux LGBT et les interactions en ligne et sur les médias sociaux, c’étaient des sujets qui étaient un peu une pente glissante, mentionne-t-il. Le personnel des écoles secondaires n’avait pas trop envie d’aller là. Maintenant, on a vraiment plus de demandes sur ça parce qu’ils se sentent dépassés par les questions des jeunes. »

Après 12 ans d’absence, l’éducation sexuelle obligatoire à l’école fera son retour dès la prochaine rentrée scolaire. « Il faut rembarquer dans le bain et on peut soutenir [les professeurs] là-dedans », lance Charlie.