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Vétérans : près d’une vingtaine de recommandations de l’ombudsman ignorées par Ottawa

Bloc Forces canadiennes
Photo d'archives

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OTTAWA – Le gouvernement fédéral a laissé sans réponse plusieurs recommandations visant à améliorer la santé et la sécurité financière des anciens combattants, constate l’ombudsman des vétérans dans un compte rendu publié mardi.

Dans son Bulletin 2018, l’ombudsman Guy Parent relève que 18 de 64 recommandations émises par son bureau dans les dix dernières années ont été ignorées. Le gouvernement a donné suite à 46 recommandations.

«Ça donne une note finale de 72 %. Si mon enfant arrivait de l’école avec une note de 72 %, je lui dirais qu’il a encore du travail à faire», a indiqué l’adjudant-chef à la retraite en entrevue.

Malgré certains progrès depuis 2017, le chien de garde des vétérans souligne entre autres qu’Ottawa n’a toujours pas agi pour rendre rétroactifs les paiements des avantages médicaux.

Actuellement, un ancien combattant est remboursé à partir du moment où le traitement est approuvé par le fédéral. L’ombudsman souhaite plutôt que l’indemnisation se fasse à partir de la date à laquelle la demande est présentée.

«Ça prend parfois 50 semaines avant qu’une demande soit approuvée. Donc pendant environ un an, certains vétérans ont une qualité de vie diminuée par manque de traitements», s’est désolé M. Parent.

Indemnité de décès

La recommandation d’étendre l’indemnité de décès des militaires célibataires à leurs parents ou à leurs frères et sœurs est également restée sans réponse. Pour l’heure, l’indemnité est perdue dans le cas des militaires qui n’ont ni conjointe ni enfants à charge.

M. Parent déplore aussi que les vétérans et leur famille perdent l’accès aux services dentaires s’ils se retirent des Forces armées avant 10 ans de service.

Le ministère des Anciens combattants a réagi au bulletin en disant avoir investi 10 milliards $ depuis 2015 dans différentes mesures destinées aux vétérans. Ottawa rétablira notamment la pension à vie à compter d’avril 2019, un programme qui rencontre certaines des recommandations de l’ombudsman.

«Y a-t-il d'autres choses à faire? Oui», a reconnu Alex Wellstead, porte-parole du ministre Seamus O’Reagan.

Toutefois, il a soutenu qu’Anciens combattants Canada ne fixait pas seulement ses priorités en fonction de l’ombudsman. «Nous tenons également compte des opinions de tous les membres de la communauté des vétérans», a dit M. Wellstead.