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La justice sociale végane et sa haine

Récemment, des militants véganes ont vandalisés des pancartes du spectacle Cavalia, collant dessus «SPÉCISTE : cessons d’opprimer les autres animaux».
PHOTO AGENCE QMI, MARC ALAIN TRUDEAU Récemment, des militants véganes ont vandalisés des pancartes du spectacle Cavalia, collant dessus «SPÉCISTE : cessons d’opprimer les autres animaux».

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L’agitation médiatisée autour de Robert Lepage s’estompe, mais pas l’indignation belliqueuse venue dénoncer deux de ses pièces. À travers d’autres incidents, ce militantisme radical se réclamant de la justice sociale montre maintenant sa branche végane.

Qu’est-ce que la pensée végane? C’est l’idée selon laquelle toute consommation de matière animale (viande, lait, œuf, cuir, etc.) est un geste immoral. Une oppression spéciste envers les animaux, décrits comme étant des êtres entièrement égaux aux humains. Cette idéologie s’attaque maintenant au spectacle Cavalia et à l’œuvre culinaire de la bouchère Dominique Rioux.

Rappelons les faits. Récemment, des militants véganes ont vandalisé des pancartes du spectacle Cavalia, collant dessus «SPÉCISTE : cessons d’opprimer les autres animaux». D’autres ont organisé des vigies devant le chapiteau du spectacle. Ils ont refusé de visiter les installations abritant les chevaux, plaidant que leur seul désir était que ces chevaux ne soient plus des bêtes de scène. Pourtant, cette visite aurait vite montré que les chevaux de Cavalia reçoivent plus de soins que l’assisté social moyen du quartier Hochelaga.

Dans la même période, une bouchère de 26 ans, Dominique Rioux, révèle qu’elle a été la cible de multiples insultes, menaces de mort et de vandalisme. La raison des menaces subies : elle publie des images et des vidéos de préparation de viandes. Les menaces sordides subies par la bouchère rappellent celles subies par le boucher Marc Bourg, un an plus tôt, harcelé et vandalisé pour le simple fait qu’il cuisine et vend de la chair animale.

Dominique Rioux voulait simplement partager sa passion pour la boucherie en publiant des photos et des vidéos sur son compte Instagram. Elle y montrait comment préparer notamment des agneaux et des porcs.
Photo Marie-Ève Dumont
Dominique Rioux voulait simplement partager sa passion pour la boucherie en publiant des photos et des vidéos sur son compte Instagram. Elle y montrait comment préparer notamment des agneaux et des porcs.

Notons le manque total de scrupules des militants qui s’attaquent à Mme Rioux, une jeune femme œuvrant presque seule dans un milieu traditionnellement masculin, et à M. Bourg, un entrepreneur s’occupant presque seul d’un petit commerce. Notons aussi que ces attaques sont semblables à celles contre des petits commerçants de certains quartiers.

Au nom d’une justice sociale, des militants violents disent combattre les grands, les riches et l’injustice en s’attaquant à des citoyens vulnérables. Ces militants prennent le chemin de la violence facile et gratuite. Plus facile d’envoyer un message d’injures et de menaces à une jeune bouchère que de nuire aux opérations d’un abattoir industriel. Plus facile de vandaliser un petit commerce que de nuire au travail d’un grand banquier.

On peut être sûr que le «système» n’arrêtera pas de nous fournir de la chair animale ou d’autres fruits de «l’oppression», malgré ces petits gestes haineux. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de haine. Ces militants disent servir la justice sociale et combattre les oppressions. Dans les faits, ils refusent de voir le fond mensonger de leurs accusations autant que le mal qu’ils peuvent faire. Mme Rioux ne fait de mal à personne. Les chevaux de Cavalia sont bien traités. Et ces militants ont choisi le splendide isolement narcissique et la haine. C’est tout.