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Montréal révolutionne la lutte contre la tuberculose

On vient de faire la découverte d’un traitement plus court et plus sécuritaire

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Une équipe internationale de scientifiques pilotée par un médecin montréalais pourrait bien révolutionner le traitement de la tuberculose, qui tue une personne toutes les 20 secondes dans le monde.

Alors que le traitement actuel implique une prise d’antibiotiques pendant neuf mois, les chercheurs ont découvert qu’il est possible d’obtenir les mêmes résultats en seulement quatre mois avec un autre médicament.

« Le traitement de quatre mois s’est avéré tout aussi efficace pour prévenir la tuberculose, tout en étant plus sécuritaire et plus acceptable », indique le Dr Dick Menzies, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.

Loin d’avoir disparu, cette maladie pulmonaire reste un des plus grands tueurs de la planète, causant plus de décès que le sida et la malaria. Et le Canada n’est pas épargné. Environ 1600 nouveaux cas y sont déclarés en moyenne chaque année.

La maladie fait même un retour en force dans les communautés du nord depuis 10 ans. Les Inuits, en particulier, ont 300 fois plus de risques de contracter la maladie que les autres Canadiens.

Effets secondaires

Les personnes touchées reçoivent actuellement un long traitement qui engendre de graves effets secondaires, dont une possible destruction des cellules du foie. Les patients les plus affectés peuvent nécessiter une greffe du foie.

Le traitement testé par l’équipe de Dick Menzies est, lui, beaucoup moins nocif, d’après les résultats publiés mercredi dans la prestigieuse revue scientifique New England Journal of Medicine.

Les chercheurs ont étudié 850 enfants et 6800 adultes dans neuf pays. Tous présentaient une infection tuberculeuse latente.

La tuberculose latente est une forme insidieuse de la maladie. Les personnes infectées sont porteuses du bacille tuberculeux, mais ne sont pas malades et ne peuvent pas transmettre la maladie.

Tueur dormant

Mais la bactérie attend une défaillance de leur système immunitaire pour passer à l’attaque. Une personne sur quatre dans le monde serait porteuse de ce mal mortel, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La découverte de l’équipe du Dr Menzies change donc « fondamentalement la donne en matière de prévention de la tuberculose », dit le pneumologue. Il souligne que « traiter la tuberculose latente est la seule manière d’éradiquer à terme la maladie ».

Les États-Unis, le Japon et l’Australie l’ont déjà contacté dans le but de modifier leurs lignes directives de traitement de la maladie. Il s’attend à ce que l’OMS fasse de même sous peu.

Incidence de la tuberculose*

Source : Statistique Canada 2015