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Taxe carbone : le gouvernement Trudeau accusé de plier sous la pression

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Photo Archives Reuters

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OTTAWA | Alors qu’il s’apprête à assouplir les exigences de sa taxe carbone pour les plus gros pollueurs, le gouvernement fédéral s’est fait accuser mercredi de céder aux pressions de l’industrie et aux menaces de l’Ontario.

«Justin Trudeau avait promis d’être un leader sur le climat. Maintenant que la tension monte au pays, le premier ministre fait marche arrière», a critiqué le stratège chez Greenpeace Canada, Keith Stewart.

Plutôt que de taxer 30 % des émissions polluantes des industries, le ministère de l’Environnement vise maintenant une cible globale de 20 %, qui passera même à 10 % pour certains secteurs, comme celui très polluant des cimenteries.

Plusieurs groupes environnementaux, dont Équiterre et la Fondation David Suzuki, ont aussi dénoncé mercredi cette révision à la baisse.

«Déception totale»

Après des consultations auprès de l’industrie, le gouvernement affirme que ses cibles initiales posaient des risques pour la compétitivité des entreprises.

«Nous avons dit clairement dès le départ que nous allions consulter l’industrie et les experts environnementaux pour trouver les meilleurs moyens de réduire les émissions, d’améliorer l’efficacité énergétique, et de rester compétitif – et c’est exactement ce que nous avons fait», a déclaré la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna.

Ce changement survient alors que le premier ministre de l’Ontario promet d’aller en cour, aux côtés de la Saskatchewan, contre le plan fédéral d’imposer la taxe carbone dans les provinces qui n’en ont pas déjà une à partir de 2019.

«C’est une déception totale. Justin Trudeau recule devant Doug Ford, un politicien qui vit dans les années 50. Il a perdu toute crédibilité», a lancé le député néodémocrate Peter Julian.

Les conservateurs, eux, se targuent d’avoir été entendus, après avoir passé des mois à fustiger la taxe carbone.

Un minimum

Au-delà de la joute politique, plusieurs entreprises se disent désavantagés par rapport à leurs compétiteurs américains, qui n’assument pas de taxe carbone, rappelle le professeur d’économie de l’environnement à l’Université de Sherbrooke, Alain Webster.

«Compte tenu des pressions, c’est le minimum qu’on pouvait faire. Le gouvernement devra aller plus loin, mais c’est un premier pas important», a-t-il commenté, rappelant que le Canada n’atteint jamais ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

Dans un rapport publié en mars dernier, la commissaire à l’environnement constatait en effet que le fédéral raterait les cibles fixées par le précédent gouvernement conservateur.

Le Canada souhaite réduire de 17 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020 par rapport à son niveau de 2005, et de 30 % d’ici 2030.

Ottawa assure que l’assouplissement de la taxe carbone n’empêchera pas le Canada d’atteindre ses objectifs.

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