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Domaine seigneurial de Montebello: ça ne prend pas la tête à Papineau pour l’apprécier

Domaine seigneurial de Montebello: ça ne prend pas la tête à Papineau pour l’apprécier
Photo courtoisie

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En empruntant la route 50 de Mirabel à Montebello, vous entrez dans un paradis hautement historique, le pays des Algonquins, qui a aussi été le refuge d’un de nos grands hommes qui y avait son domaine seigneurial. Stratégiquement situé, celui-ci surplombe la région. On peut y observer ce qui se passe, le va-et-vient sur la rivière des Outaouais.

Nous trempons aussi dans une faune très riche : ours noirs, profusion de chevreuils, de renards, etc. Ce n’est pas sans raison que le parc Oméga – qui met notre propre nature à l’honneur – se situe non loin d’ici. (Parlant du parc Omega, cet hiver, je compte y séjourner, puisque l’on peut y passer la nuit au chant du loup, me dit-on ; je vous en reparlerai !)

On pose des « béquilles » à cet 
arbre tricentenaire qui a connu 
la Nouvelle-France, la conquête,
la rébellion et la mort du grand 
chef des patriotes. S’il pouvait 
parler, il en aurait long à raconter.
Photo Gilles Proulx
On pose des « béquilles » à cet arbre tricentenaire qui a connu la Nouvelle-France, la conquête, la rébellion et la mort du grand chef des patriotes. S’il pouvait parler, il en aurait long à raconter.

Même les plus amnésiques parmi nous se souviennent de Louis-Joseph Papineau par l’entremise du proverbe : « Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre ça ! » Cet être d’un intellect supérieur a marqué les siens. De son vivant, il a fini sa vie humilié, isolé, à ne recevoir que les siens... quoique l’un des bambins dans cet entourage grandira pour devenir nul autre qu’Henri Bourassa, le fondateur du Devoir, digne héritier du « génie des Papineau ».

La guide Nathalie Bouchard, de Parcs  
Canada, s’entretient avec ma conjointe 
dans un des beaux corridors du manoir.
Photo Gilles Proulx
La guide Nathalie Bouchard, de Parcs Canada, s’entretient avec ma conjointe dans un des beaux corridors du manoir.

Calculez environ une heure et quart pour la visite du domaine avec le guide de Parcs Canada, mon institution fédérale préférée ! (À la blague, j’aime à dire que si le Québec devenait un pays souverain, j’aimerais quand même que nous puissions garder Parcs Canada qui fait du si bon travail !) Dans les coins et recoins de ce manoir, on comprend que c’était du luxe, oui, pour la campagne, mais que ça ne rivalisait certainement pas avec sa belle maison de la rue Bonsecours, à Montréal, que Papineau a vendue pendant son exil. Il voulait être loin des commérages de la rue Saint-Paul où George-Étienne Cartier et Louis-Hyppolite Lafontaine, les nouvelles figures de proue de l’élite canadienne-française, le dénigraient. L’étoile de Papineau avait pâli après la rébellion écrasée des patriotes. À son époque, il n’y avait pas de route 50 : il fallait faire de la charrette dans un sentier.

Quatorze convives pouvaient partager la table présidée par Louis-Joseph Papineau.
Photo Gilles Proulx
Quatorze convives pouvaient partager la table présidée par Louis-Joseph Papineau.

C’est Joseph Papineau, père de Louis-Joseph­­­, qui a fait bâtir cette grande maison à quatre tours, de style victorien. Parcs Canada collabore avec les hôtels Fairmount pour offrir des repas d’époque à des groupes à même la salle à manger du manoir ; une belle initiative ! Je n’ai pas eu la chance d’essayer, mais avis aux intéressés.

La semaine prochaine

La Cour suprême à Ottawa