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Le livre qui a fait trembler de peur Stephen King

WE 0804 Paul Tremblay
Photo courtoisie

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Avec ce livre d’épouvante qui a remporté un immense succès aux États-Unis, l’écrivain américain Paul Tremblay montre surtout... qu’il est en pleine possession de ses moyens !

Même s’il est né dans le Colorado et qu’il ne parle pas français, Paul Tremblay a du sang québécois dans les veines, l’un de ses aïeux ayant quitté notre belle province au tournant des années 1930 pour tenter sa chance aux États-Unis. Ensuite élevé dans les environs de Boston, le petit Paul a rapidement été accro à Creature Double Feature, une émission diffusant tous les samedis les plus grands classiques du cinéma d’horreur tournés avant les années 1980 (Godzilla, King Kong, les Dracula mettant en scène Christopher Lee, etc.).

« Malgré tous les cauchemars qui en ont découlé, j’ai toujours été fasciné par ce type d’histoires, explique Paul Tremblay, qui vit maintenant à Stoughton, dans le Massachusetts. Et par la suite, j’ai tellement aimé Le fléau de Stephen King que la lecture de ce thriller a carrément changé ma vie. J’ai dévoré tous ses romans (ainsi que ceux de Shirley Jackson !) et après avoir obtenu une maîtrise en mathématiques, j’ai à mon tour pris la plume. »

Publié en 2015 dans les pays anglophones, Possession est, pour l’instant, le seul de ses livres à avoir été traduit en français. Un livre qu’on a sincèrement adoré... dès l’instant où on a fait fi de la citation de Stephen King figurant sur la page couverture*. Car comme Paul Tremblay s’empresse de le souligner, la notion de peur est souvent terriblement subjective : ce qui effraie les uns n’épouvantera pas nécessairement autant les autres... « Ceci étant, ça a été l’un des points marquants de ma carrière, ajoute-t-il. Je ne savais pas que Stephen King allait lire Possession et en août 2015, je me suis mis à recevoir plein de textos. Ça m’a beaucoup ému parce que je suis devenu écrivain grâce à lui. »

<i>Possession</i></br>
Paul Tremblay, aux Éditions Sonatine, 336 pages
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Possession
Paul Tremblay, aux Éditions Sonatine, 336 pages

L’horreur d’une famille

Depuis quelques années, les romans mettant en scène vampires, loups-garous ou zombis sont légion. « Mais curieusement, j’ai réalisé qu’il n’y avait presque rien sur les affaires de possession et les exorcismes, précise Paul Tremblay. Pour moi, ça a été une sorte d’eurêka et très vite, j’ai eu l’idée d’exposer les points de vue de deux sœurs dont l’aînée allait peut-être être possédée. D’emblée, j’ai préféré miser sur l’ambiguïté afin de captiver davantage les lecteurs... »

Vers l’âge de 14 ans, Marjorie Barrett commencera de fait à se comporter de façon fort étrange. À tel point que ses parents l’obligeront à aller consulter un psychiatre, les voix qu’elle prétend entendre dans sa tête pouvant être un signe très parlant de schizophrénie. Mais plus les semaines passeront, plus l’état de Marjorie empirera et faute de mieux, son père très bigot finira par accepter l’aide d’un prêtre prêt à parier chapelet et chemise que l’adolescente est possédée par un esprit démoniaque. Et pour le prouver, il est même prêt à pratiquer l’exorcisme en direct, Discovery Channel ayant proposé d’en tirer une émission de téléréalité qui permettra à des millions de téléspectateurs de suivre quotidiennement les aventures cauchemardesques de la famille Barrett.

Bientôt au cinéma ?

Allant souvent bien au-delà du réel – meubles qui bougent tout seuls, chute soudaine de la température des pièces, giclées de vomi verdâtre, etc. –, l’émission traumatisera surtout la petite Meredith, qui ne peut plus côtoyer librement sa sœur sans qu’un caméraman n’en filme les moindres faits et gestes. Et la conduite de Marjorie dérapant plus facilement en sa présence, les producteurs de la télé-vérité tiendront mordicus à ce que la gamine de huit ans soit là pendant toute la durée de l’exorcisme.

À ce stade, il ne nous reste que deux choses à ajouter : pour quantité d’obscures raisons, cette émission de téléréalité sera retirée des ondes peu après alors que dans la vraie vie, la société de production américaine Team Downey – fondée par l’acteur Robert Downey Junior et sa femme Susan – a acheté les droits d’adaptation cinématographique de Possession. « Pour l’instant, l’équipe travaille encore sur le scénario, signale Paul Tremblay. Mais comme ce projet semble lui tenir à cœur, j’espère qu’on va bientôt avoir la chance de voir ce que ça va donner sur grand écran ! »

* « Possession m’a vraiment fait trembler de peur. Et sachez que pour me faire peur, il faut se lever de bonne heure. » – Stephen King