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Un «déraillement» de la Caisse

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La Caisse déraille-t-elle avec ses wagons indiens du REM ? Oui ! Et on en sort perdants.

Plus les travaux du fameux Réseau express métropolitain (REM) avancent, plus je trouve scandaleuse la décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’y faire rouler des trains indiens d’Alstom au lieu des trains Bombardier de l’usine de La Pocatière.

Quand vous lancez un projet de transport public d’une telle envergure, dont le coût total des 6,3 milliards $ sera entièrement défrayé par les impôts et épargnes des Québécois, comment peut-on oser nous faire accroire que c’est une bonne décision financière de privilégier des trains fabriqués en Inde ?

Parce que la Caisse a économisé quelques millions de dollars sur le coût des trains indiens grâce aux travailleurs de l’Inde qui gagnent des « peanuts » à comparer aux employés de Bombardier de La Pocatière ?

MAUVAIS CALCUL

Est-il nécessaire de rappeler que les produits fabriqués à l’étranger ne génèrent aucune retombée pour le Québec ? Pas d’impôts, pas de taxes, pas d’emploi, pas d’investissements, pas de profits... Rien !

Quand les gouvernements, leurs organismes et sociétés d’État donnent des contrats entièrement défrayés par les contribuables, ils devraient tenir compte de toutes les retombées économiques et fiscales avant de choisir l’heureux gagnant.

Pour justifier sa décision d’acheter des wagons indiens au lieu de wagons québécois, le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, affirme que sa responsabilité de gestionnaire de régimes de retraite était d’avoir « le meilleur projet au meilleur prix », tout en respectant les règles du processus d’appel d’offres.

Le problème de son appel d’offres pour les trains du REM ? La Caisse n’a exigé aucun contenu local minimal, contrairement à ce que les États (disposant de fournisseurs) exigent lorsqu’ils lancent des appels d’offres dans le transport public.

MAUVAIS MESSAGE

Avec la réalisation de son REM, la Caisse développe un pertinent savoir-faire en matière d’infrastructures de transport public. Mais pour vanter les mérites de ce savoir-faire québécois, qu’allons-nous voir ? Des wagons indiens de la multinationale française Alstom !

C’est Bombardier Transport, dont la Caisse détient 30 % des parts, qui a l’air fou ! La promotion du REM avec ses wagons indiens laissera entendre à l’échelle mondiale que la Caisse a préféré octroyer son plus gros contrat de matériel roulant aux rivaux de son propre partenaire.

CONSÉQUENCES

Afin de contrer la perte du contrat des wagons du REM au bénéfice de l’Inde, le premier ministre Philippe Couillard a fait adopter à l’unanimité un projet de loi pour devancer l’acquisition de 153 voitures additionnelles pour le métro de Montréal. Ce contrat de plusieurs centaines de millions de dollars permettra d’éviter la fermeture de l’usine de Bombardier à La Pocatière.

On résume. Avec nos épargnes, impôts et taxes, la Caisse achète des wagons indiens qui forcent le gouvernement québécois à dépenser à même nos impôts et taxes des centaines de millions pour sauver 200 emplois de Bombardier à La Pocatière.

C’est tout simplement révoltant !