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«On sait tous que le vrai travail commence maintenant» - Marc Ramsay

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Photo AFP Eleider Alvarez a ouvert la machine au dernier assaut pour ébranler et envoyer Sergey Kovalev au pays des rêves.

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ATLANTIC CITY | Marc Ramsay était un entraîneur fier après avoir vu son protégé remporter le titre mondial appartenant à Sergey Kovalev. Mais pas trop, comme à son habitude.

Bien sûr, il a sauté dans les bras de son boxeur après sa belle victoire. C’est comme s’il avait gagné lui-même ce titre tellement il était heureux. Puis, lors de la conférence de presse, il est revenu à la réalité.

« On va savourer cette victoire, mais on sait tous que le vrai travail commence maintenant », a indiqué Ramsay, qui vient d’obtenir son quatrième champion du monde depuis le début de sa carrière.

Il n’a pas tort. C’est difficile de se rendre au sommet, mais c’est encore plus ardu d’y demeurer. Ramsay croit que son boxeur et son équipe vivaient la situation la plus difficile possible.

« On était dans un combat où on n’était pas favori, mais on savait qu’on avait une chance de l’emporter, a-t-il expliqué. Quand tu crois que tu as une possibilité de l’emporter, tu t’y accroches. Les gens te regardent comme si tu étais un fou.

« Pendant ton camp, tu regardes des vidéos et tu remarques des choses auxquelles tu peux bâtir ta confiance. Tu crois au petit bout de lumière que tu vois et tu y vas. »

Une guerre d’usure

La stratégie du clan Alvarez était claire. On souhaitait que Kovalev vide son réservoir d’énergie pendant la première moitié du combat avant de prendre l’avantage dans la deuxième portion du duel.

« On voulait amener Kovalev dans les rounds 5, 6, 7 et 8 pour apporter un style plus physique, a indiqué Ramsay. On savait qu’il pourrait être moins confortable.

« On devait attaquer plus tard, mais je voyais qu’on perdait plusieurs rounds. J’ai alors demandé à Eleider d’ouvrir la machine après le sixième. »

On parle beaucoup de la fin spectaculaire du combat, mais on oublie un aspect important qui s’est déroulé dès le deuxième assaut. Alvarez est parvenu à se faire respecter par Kovalev, qui a

donné l’impression qu’il sous-estimait son adversaire.

« Je crois qu’on a obtenu son respect durant les quatre premiers rounds, a souligné Ramsay. Après le quatrième, où Eleider a tenté de jouer au macho avec des échanges musclés avec lui, il lui a démontré qu’il serait prêt à mourir dans le ring. »

Une pensée pour Lépine

Dans le feu de l’action, Ramsay est concentré sur ce qui se passe entre les câbles. Samedi soir, il a dérogé à son habitude.

« Lorsque j’ai vu Kovalev aller au tapis pour la première fois, j’ai eu une pensée pour Stéphane [Lépine], qui était à la maison », a mentionné l’entraîneur.

Il faut dire que c’est Ramsay qui avait convaincu Lépine de l’aider à amener Alvarez et Oscar Rivas au Québec il y a neuf ans. Celui-ci avait embarqué dans ce projet audacieux et il l’avait mené à terme.