/weekend
Navigation

L’histoire romancée de son propre père

Aurélie Valognes
Photo courtoisie, Sandrine Roudeix Aurélie Valognes

Coup d'oeil sur cet article

La romancière française Aurélie Valognes, très populaire depuis la sortie de son premier roman, best-seller en France, propose la délicieuse et tendre histoire d’un petit garçon et de sa grand-mère, au cœur d’une société en plein boule­versement dans son quatrième roman, Au petit bonheur la chance !

En 1968, Jean a six ans lorsque, du jour au lendemain, il est confié aux bons soins de sa grand-mère Lucette. C’était censé être pour quelques jours... pour l’été... mais ça ne s’est pas passé comme ça. Jean n’avait pas prévu cela, et sa grand-mère non plus !

Mémé Lucette, sous des dehors un peu bourrus, cache un cœur tendre. Jean, un enfant actif qui parle tout le temps, apporte un tourbillon de fraîcheur dans une vie qui était faite de séances de tricot et de visites au cimetière.

Chacun à une étape différente de sa vie, Jean et Lucette vont s’apprivoiser en attendant le retour de la maman de Jean.

Aurélie Valognes a créé un duo vraiment sympathique et attachant dans ce roman d’une grande fraîcheur, qui dépeint très bien l’ambiance de la fin des années 1960, avec ses changements dans les mœurs et le choc des générations.

<b><i>Au petit bonheur la chance !</i></b><br />
Aurélie Valognes<br />
Éditions Mazarine, 340 pages.
Photo courtoisie
Au petit bonheur la chance !
Aurélie Valognes
Éditions Mazarine, 340 pages.

Les histoires réconfortantes qui font du bien trouvent leur lectorat : Aurélie a vendu plus d’un million d’exemplaires de ses livres ! Et elle est vraiment heureuse de les faire découvrir au public québécois.

« Ce sont des histoires que j’avais écrites pour moi, au départ, et au final, je vois que ça plaît à plein de monde. Je suis très contente, mais ce n’était pas prévu ! », dit-elle en entrevue.

Fait vécu

Encore plus étonnant : ce dernier livre est quelque peu tiré de son histoire personnelle.

« C’est l’histoire romancée de mon papa. Il est né dans les années 1960 et jusqu’à six ans, il a grandi avec ses deux parents. Mais il se trouve que son papa était plutôt violent et avait tendance à boire. Un jour, la mère de mon père en a eu marre et elle a décidé de partir, faire sa vie ailleurs, à Paris. Ils habitaient en Normandie.

« Elle a laissé mon père à sa mère à elle, en lui disant : tu gardes mon fils pendant l’été, je reviens le prendre après les vacances. T’inquiète pas, je reviens très vite ! Et au final, elle est revenue quand il avait 12 ans. Entre-temps, il a vécu sa vie, il a eu des déceptions, il l’a attendue. Et puis quand elle l’a repris, il n’a pas du tout aimé sa vie. »

Tout s’est mis à aller de travers. Son papa, qui était super bon élève, est devenu un cancre. « Lui, qui était un peu la star de son village, est devenu le bouc émissaire... »

Ses rêves professionnels ont été contrariés et il enviait ses cousins, qui avaient à son avis la vie parfaite.

Réécrire une vie

L’histoire de son père ne s’était pas passée comme il voulait, et Aurélie a voulu, maintenant qu’elle savait écrire des histoires, réécrire à sa façon celle de son père, pour qu’il la vive un peu mieux... ou du moins différemment. Et elle précise que tout ne s’est pas passé comme dans son livre.

« J’avais envie de défendre un petit bout'chou. Mon fils m’a beaucoup inspirée : il passe son temps à rêver, à poser des questions, à tomber par terre. C’est un mélange d’une histoire très personnelle : j’ai pu planifier ma vie comme je le voulais et un jour, j’ai eu l’opportunité de suivre mon rêve, qui était d’écrire. Et à une époque, il y a certaines femmes qui n’ont pas eu cette chance-là. »


► Aurélie Valognes est une romancière française de 34 ans.

► Elle a écrit trois autres best-sellers : Mémé dans les orties, En voiture, Simone ! et Minute, papillon !, qui ont conquis le cœur des lecteurs partout dans le monde (plus d’un million d’exemplaires vendus !).