/finance
Navigation

«Hors de question» d’abolir la gestion de l’offre, rappelle le gouvernement Couillard

Vaches animaux de ferme élevage viande
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC – Il est «hors de question» d’«ouvrir minimalement la porte» à l’abolition de la gestion de l’offre, a indiqué sans détour la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, mardi.

«Mais plus que ça, [il est] question de défendre bec et ongles cette position-là», a-t-elle ajouté, lors d’une mêlée de presse, à l’entrée du conseil des ministres.

La ministre Anglade réagissait aux propos tenus par l'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney et conseiller du gouvernement Trudeau sur les relations canado-américaines relativement à l’abolition de la gestion de l’offre pour certains produits alimentaires.

«C'est impensable»

Selon une déclaration rapportée par le quotidien La Presse, mardi, M. Mulroney croit qu’il serait avantageux pour le Canada d'abolir la gestion de l'offre sur le lait, les œufs et la volaille, en échange d’une compensation pour les agriculteurs et les éleveurs.

Une position qui a fait bondir les ministres du gouvernement Couillard, mardi.

«[La gestion de l’offre] fait partie même de la définition du secteur agricole au Québec. Pour nous, c’est impensable de ne pas défendre la gestion de l’offre», a indiqué à son tour le ministre des Finances, lors d’une mêlée de presse.

«M. Mulroney n’est pas au gouvernement. La position du gouvernement fédéral est aussi très claire là-dessus. M. Trudeau l’a exprimé plusieurs fois que la gestion de l’offre était quelque chose à défendre», a ajouté Carlos Leitao.

La gestion de l’offre prévoit qu’une quantité maximale de lait, d’œuf et de volaille soit produite par les éleveurs canadiens. Cela a pour effet de maintenir le prix de ces produits artificiellement élevé, mais de garantir des revenus stables pour les producteurs.

Le fédéral a assuré mardi que sa position dans ce dossier n'avait pas changé. «Notre gouvernement appuie fermement le système canadien de gestion de l'offre et s'engage à le maintenir», a fait savoir le cabinet du ministre de l’Agriculture, Lawrence MacCaulay.

L'UPA et le NPD préoccupés

Les commentaires de l’ancien premier ministre canadien ont néanmoins suscité des inquiétudes chez les producteurs laitiers et au sein de l’opposition à Ottawa.

«C’est préoccupant, mais M. Mulroney est en contradiction directe avec tout ce que dit le gouvernement Trudeau», a dit en entrevue le directeur adjoint des relations publiques et gouvernementales des Producteurs de lait du Québec, François Dumontier.

En juin, devant les producteurs québécois réunis à Saguenay, Justin Trudeau a promis qu’il n’y aurait pas de nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sans gestion de l’offre, a rappelé M. Dumontier. «Les producteurs accepteraient très mal que le gouvernement plie», a-t-il ajouté.

De son côté, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, a déploré sur Twitter les «commentaires irresponsables» de Brian Mulroney.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) voit dans les propos de M. Mulroney un autre signe qu’Ottawa pourrait céder face aux Américains dans les négociations sur l’ALENA. Justin Trudeau avait déjà déclaré en juin, lors d’une entrevue au réseau américain NBC, qu’il était prêt à faire preuve de «flexibilité» quant à l’accès aux marchés agricoles.

«Ça ne doit pas être sur la table! C’est un système qui fonctionne. Je ne comprends absolument pas pourquoi le gouvernement l’abolirait, sauf si c’est pour faire plaisir à Donald Trump», a observé la députée de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy.