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Des pertes de 30 à 50 millions $ par année pour La Presse

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Photo d'archives, Martin Chevalier «La Presse» n’appartient plus à Power Corporation depuis le 15 juillet dernier.

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MONTRÉAL | Le journal La Presse perdrait de 30 à 50 millions $ par année, estime un analyste financier, spécialiste de Power Corporation.

Une note écrite au mois de mai dernier, qui était alors passée inaperçue, l’analyste Paul Holden de la CIBC offrait pour la première fois une évaluation relativement précise et récente des pertes du quotidien, ainsi que le rapportait le site Les Affaires, mardi.

La famille Desmarais a toujours refusé de dévoiler les états financiers de «La Presse». Les chiffres des résultats étaient inclus dans la section «autres filiales» des résultats financiers de Power Corporation, mais n’était pas précisé.

La Presse n’appartient plus à Power Corporation depuis le 15 juillet dernier. Elle a maintenant un statut d’organisme à but non lucratif, qui pourra solliciter des dons pour se financer. Elle compte près de 500 employés.

Power Corporation assumera les régimes de pension des anciens employés et versera 50 millions $ pour aider la transition.

Dans un rapport plus récent, daté du début du mois d’août, l’analyste Paul Holden de la CIBC évaluait les pertes de La Presse entre 12 et 16 millions $ pour les trois premiers mois de 2018.

Si on extrapole ces chiffres sur l’année entière, cela pourrait vouloir dire que les pertes du quotidien se sont accentuées en 2018 et qu’ils s’établiraient entre 48 et 64 millions $. Cependant, cette évaluation n’est que mathématique, puisque les revenus d’un média peuvent varier considérablement d’un moment à l’autre de l’année.

La Presse a effectué un virage risqué au début des années 2010 en abandonnant complètement l’impression sur papier. Elle a décidé d’opter pour la distribution par internet au moyen d’une application disponible seulement sur les tablettes informatiques. L’abonnement est gratuit.

En annonçant la transformation en organisme à but non lucratif, en mai dernier, le président du journal, Pierre-Elliott Levasseur, avait reconnu que le virage connaissait des ratés.

«Toutefois, entre le modèle que nous avons conçu en 2010 et la réalité d'aujourd'hui apparaît un écart important en termes de revenus publicitaires dû à la montée fulgurante des géants américains que sont Facebook et Google», avait-il affirmé.