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Les princesses au ventre plein

Eugenie Bouchard
Photo Martin Chevalier Eugenie Bouchard

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Il est devenu sans intérêt de se plaindre de la violence sur les réseaux sociaux.

Mais c’est surtout hypocrite quand ceux qui se plaignent d’en être les victimes sont aussi ceux qui les utilisent pour leur profit.

Avez-vous lu le reportage publié dans Le Journal de dimanche sur les jérémiades des joueuses professionnelles de tennis qui sont en ville pour la Coupe Rogers ?

Beurre

Sur le fond, il n’y a pas de débat. Les réseaux sociaux sont des égouts à ciel ouvert : l’attendrissant flotte à côté du nauséabond.

Les princesses du tennis disent subir la frustration du parieur qui a perdu ou les obsessions sexuelles d’un autre.

Cela peut affecter, dit l’une d’entre elles, « la performance », donc les revenus.

Bon, d’accord, ces filles reçoivent plus de bêtises que la moyenne des ours, mais n’importe quel chroniqueur le moindrement connu se fait abreuver des insultes.

Oui, c’est achalant.

Là où je ne marche plus, c’est que ces joueuses se servent aussi des réseaux sociaux pour faire mousser leur image et vendre les produits de leurs commanditaires.

Pareil pour un auteur qui s’en sert pour donner davantage d’écho à ses articles ou à ses livres.

Quoi, tous ces gens voudraient seulement profiter des bons côtés ?

Des tas de proverbes se bousculent ici.

Qui vit par l’épée...

Le beurre et l’argent du beurre...

On récolte ce que l’on...

Dans le cas des joueuses de tennis, l’une d’elles a même la franchise de dire que les commanditaires ne se soucient plus des performances sportives, mais seulement du look quand ils proposent à une athlète de jouer à fond la carte des réseaux sociaux.

Allez vous confesser auprès du curé si vous avez ici une basse pensée nommée Eugenie Bouchard.

Ces filles sont TOUJOURS là-dessus, et elles « découvrent » – ouache ! – qu’il y a des gens « ben ben méchants »...

Cette méchanceté a toujours été là.

Aujourd’hui, elle a des moyens pour s’exprimer, les mêmes moyens que les « vedettes » utilisent pour « ploguer » du maquillage, des espadrilles, une chronique, un livre ou un CD.

Lâchez ça !

Il y a une solution toute simple : éteindre tout ça. On n’en a pas besoin pour bien jouer ou bien écrire.

Je soupçonne même qu’on frappera mieux la balle, qu’on fera de plus jolies phrases.

Ah, mais on ferait moins d’argent...

Alors faites vos choix et assumez-en les conséquences.

Et si on ne peut s’en passer parce qu’on est accro, il faut se faire soigner. Aussi simple que ça.

J’ai lâché Facebook et Twitter, et je n’ai jamais mis de photos de mon corps d’Apollon sur Instagram. Je m’en porte à merveille.

Et si ces filles trouvent trop dur d’être payées pour jouer au tennis, il y a toujours l’usine.