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Kean, où trouver la motivation?

Simon Kean, à gauche, et Dillon Carman lors de la conférence de presse, hier.
Photo Jean-François Desgagnés Simon Kean, à gauche, et Dillon Carman lors de la conférence de presse, hier.

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QUÉBEC | Simon Kean avait été un des tout premiers arrivés au Centre Vidéotron. Les techniciens s’installaient, Steven Butler jasait avec Simon René, tout était tranquille.

Kean s’est installé dans un coin d’une section après avoir enjambé une clôture. Il fixait le grand tableau indicateur qui affichait son visage et son non au-dessus de la glace.

Songeur, perdu dans ses pensées. Il se demandait comment il trouverait la motivation pour se préparer à affronter Dillon Carman. Comment il trouverait la même rage, le même feu que lors de sa bagarre à Shawinigan contre Adam Braidwood.

Faut dire que Carman est meilleur que Braidwood. Mais il n’a pas le même charisme ni la même folie de la vie. Braidwood, on l’a peut-être oublié, avait passé le K.-O. à Éric Martel, puis avait tué un boxeur dans le ring à Edmonton avant d’enfiler quelques victoires consécutives. Qu’on le veuille ou pas, ça garnit un curriculum vitae.

Mais la rage et la folie ne suffisent pas contre un boxeur comme Simon Kean.

ON ESPÉRAIT SAM PETER

Pendant quelques semaines, Kean avait espéré affronter l’ancien champion du monde Sam Peter. Il se préparait déjà mentalement. Mais les négociations ont achoppé dans les dernières étapes quand le clan Peter s’est mis à ajouter des exigences aux demandes déjà entendues.

Ce sera donc Dillon Carman, ancien champion canadien, un démolisseur d’Éric Martel lui-aussi, et une vedette de la version canadienne de Loft Story. Autrement dit de Big Brothers. J’ai vu quelques passages un tantinet suggestifs sur le téléphone de Kean. Intriguant. Un grand six pieds et cinq pouces, belle carrière amateur au Texas, baveux juste ce qu’il faut...et gentil comme tout.

Comme de nombreux boxeurs, il est fascinant de l’écouter raconter son histoire. Il avait 14 ans quand sa mère a accepté de l’envoyer dans une école secondaire de Waco au Texas.

Il venait de recevoir une bourse pour y jouer au hockey : « J’avais 17 ans, à la fin de la saison, et j’étais au gym pour m’entraîner hors glace. Un gros musclé s’est présenté. Il cherchait un gars pour du sparring puisqu’il entreprenait sa carrière chez les pros dans quelques semaines. J’ai accepté. Je n’avais jamais mis les gants de boxe de ma vie. Je ne savais pas trop quoi faire mais toujours est-il que je l’ai gelé pour le compte. Ç’a mis fin à sa carrière et lancé la mienne », de raconter Carman.

Aujourd’hui Carman est considéré comme le deuxième meilleur poids lourd au Canada.

Et il le clame haut et fort : « J’aurais fait à Adam Braidwood la même chose que Simon. Je l’aurais passé en trois rounds ».

Ça devrait suffire à motiver Simon...

LA MATURITÉ DE STEVEN BUTLER

Ça fait des années qu’on suit les péripéties de la carrière de Steven Butler. Mais on oublie qu’il n’a que 22 ans. Quand on prend le temps de s’attabler avec lui, on découvre un jeune homme qui a pris beaucoup de maturité.

Il lui reste à rendre des comptes pour quelques maladresses de ses années plus turbulentes mais Butler, père d’un garçon qui aura deux ans le 6 octobre, le soir du combat contre Jordan Balmir, est visiblement sur la bonne track.

Il a très bien réagi après sa défaite contre Brandon Cook il y a 18 mois et s’est encore amélioré lors de ses derniers combats.

Balmir a moins d’expérience mais il est un très bon athlète. Et il a le cœur d’un lion. Contre Butler qui lui, a l’œil du tigre, on va avoir droit à un duel...de fauves.