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Place au vélo de montagne!

Le vélo de montagne gagne du terrain et des adeptes au Québec. De sport extrême, la discipline s’est démocratisée notamment par l’aménagement de sentiers mieux adaptés aux aptitudes des débutants.
Photo courtoisie, Francis Fontaine Le vélo de montagne gagne du terrain et des adeptes au Québec. De sport extrême, la discipline s’est démocratisée notamment par l’aménagement de sentiers mieux adaptés aux aptitudes des débutants.

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Ralenti par son étiquette de sport extrême, le vélo de montagne gagne désormais du terrain au Québec, et bien des adeptes. Tour d’horizon d’une discipline en pleine mutation.

« Si je suis tombé ? Quelques fois, bien sûr », dit Guy-Louis Boucher, le sourire dans la voix, en relatant son expérience à la deuxième édition du Québec Single-track Expérience. « Mais on ne tombe pas en dévalant des côtes à 40 km/h », précise-t-il.

« Tu roulais à peine à 10 km/h, les deux mains sur les leviers de frein », le taquine son ami. Guy-Louis a 62 ans. Il s’est initié au vélo de montagne... à 62 ans.

« Dans les dernières années, on peut réellement parler de la démocratisation du vélo de montagne, dit Francis Tétrault, chargé de programme de vélo de montagne à Vélo Québec. Le sport est devenu intéressant pour tout le monde. Même la SÉPAQ — dont les initiatives visent d’abord les familles et les débutants — nous a approchés pour un projet d’aménagement de vélo de montagne dans ses parcs. »

Un sport en évolution

Est-on devenu tout à coup plus courageux ? « C’est surtout une question d’évolution dans les mentalités et dans les techniques d’aménagement des sentiers », croit Francis Tétrault.

Alors qu’il y a quelques années, tout sentier de vélo de montagne impliquait forcément la présence de racines ou de roches, des obstacles naturels qui, lorsqu’abondants, compliquaient l’initiation (et réduisaient l’agrément) d’un néophyte, aujourd’hui, la technologie permet de développer des surfaces de roulement plus planes.

« Ces nouveaux sentiers facilitent l’adoption du sport pour les débutants, qui sont alors capables de s’exercer sans devoir descendre de leur vélo à tout bout de champ.

Une surface plus travaillée leur permet de se concentrer à d’abord apprivoiser le dénivelé variable en montagne et l’étroitesse des sentiers », explique le chargé de programme de vélo de montagne à Vélo Québec. Un sport plus populaire s’accompagne d’une volonté d’étendre les réseaux, ce qui profite à tous, y compris aux puristes experts qui en mangent, des sentiers un peu casse-gueule pas du tout « manucurés ».

L’engouement pour le Fatbike n’est pas non plus étranger à cette nouvelle ouverture envers les vélos de montagne, selon Francis Tétrault : « Après avoir roulé en sentier tout l’hiver sur une surface neigeuse qui rend les chutes moins intimidantes, les gens ont envie de persévérer au printemps. »

La technologie a enfin aussi profité aux vélos, qui se déclinent aujourd’hui en centaine de modèles permettant d’accommoder tous les styles de cyclistes, de pratiques et de budgets.

Une activité physique complète, en milieu naturel

« La première chose dont je me suis rendu compte en passant de la route au sentier, c’est que c’était fini, les moments de repos ! témoigne Guy-Louis Boucher. En descente, on continue à travailler. »

Le sport développe ainsi une excellente forme physique, le système cardiovasculaire du cycliste étant mis à rude épreuve, et ses muscles étant sollicités de la tête aux pieds.

« Il ne suffit pas non plus d’être en forme, dit François Tétrault. Il y a tout l’apprentissage lié aux techniques de pilotage qui est intéressant. »

« Hier soir, on regardait des vidéos sur YouTube », dit Guy-Louis, en riant. Le sportif de 62 ans a aussi suivi quelques cours pour maîtriser la base... et tout le vocabulaire inhérent au milieu.

« Mais j’encourage surtout les débutants à rouler en groupe ! dit le cycliste. C’est la meilleure façon de bâtir sa confiance. Et le plus gros défi en passant de la route au sentier est plus psychologique que physique. »

Les différents visages du vélo de montagne

Descente

Après une ascension en remonte-pente, les cyclistes progressent vers le bas de la montagne le long de sentiers de niveaux variés, à l’instar du ski alpin. Cette pratique nécessite un vélo avec une géométrie particulière et de solides suspensions.

Cross-Country

Discipline olympique bien connue, c’est aussi celle qui est la plus généreuse en kilométrage au Québec. Les cyclistes recherchent des parcours roulants, impliquant autant de montées que de descentes. Ceux-ci optent conséquemment pour des vélos plutôt légers, armés d’une ou deux suspensions, qui sont bien maniables.

Enduro

Cette pratique gagne en popularité. Si la descente se compare au ski alpin, l’enduro rappelle le ski de montagne (ou skimo, ou randonnée alpine), lors duquel les sportifs procèdent à une ascension de la montagne à la sueur de leur front avant de savourer la descente. Afin de favoriser le confort et le contrôle des cyclistes pendant cette dernière, les vélos présentent un plus grand débattement et un plus long empattement que les vélos de cross-country purs.


Pour identifier les endroits où s’adonner à chacun de ces types de pratique, répertoire « Sentiers » de Vélo Québec : https://www.velo.qc.ca/sentier/