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Affaire Fredy Villanueva: les policiers veulent rétablir le lien de confiance

ENTREVUE-AU-POTE-DE-QUARTIER-39-A-MONTREAL-NORD
Dominick Gravel/Agence QMI

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Les tensions sociales qui ont marqué Montréal-Nord en 2008, lorsque la mort d’un jeune homme de 18 ans atteint par les balles d’un policier avait entraîné des émeutes, ont contraint les agents de la paix du poste de quartier 39 à construire de nouveaux ponts entre eux et la population.

«Nous, il fallait faire une introspection à ce moment-là. On a vu que, dans notre relation avec la police et les citoyens, il y avait un enjeu. Alors, on a misé beaucoup sur le dialogue pour régler ça», relate Miguël Alston, commandant du poste de quartier 39.

«La crise a aussi marqué nos policiers. Le lien de confiance a été rompu entre nous et la population. Il y a même des policiers qui recevaient des bouteilles et se faisaient insulter en patrouillant», raconte le commandant.

Selon ce dernier, les choses sont aujourd'hui rentrées dans l’ordre par rapport à 2008, même s’il y a toujours du travail à faire à Montréal-Nord.

Par exemple, l’arrondissement est encore celui où l'on enregistre le taux le plus élevé de violence conjugale et l'un de ceux où l'on fait le plus d’appels au 911.

Plus d’actions

Entre autres moyens déployés pour regagner la confiance de la population, deux patrouilleurs à pied du PDQ 39 travaillent à se rapprocher des citoyens et à rehausser le sentiment de sécurité dans le secteur.

Le commandant Alston a aussi embauché une conseillère en développement communautaire, Marie-Rose-Andrée Hubbard, issue de la communauté haïtienne, pour favoriser les discussions.

«Moi, je travaille sur les causes. Par exemple, je dis souvent que la pauvreté ne s’associe pas au crime. La pauvreté s’associe à l’exclusion pour donner au crime une voix qui porte. Moi, je [base] mon travail sur les perceptions et ce qu'est le regard de l’autre [...] Ce sont les causes et non les symptômes qui m’intéressent», dit Mme Hubbard.

Miguël Alston mise aussi sur la formation, divers ateliers et un travail sur les stéréotypes pour harmoniser les relations entre la police et les résidents de Montréal-Nord.

Dans les 10 dernières années, la criminalité sur le territoire du PDQ 39 a diminué de 28 %. À titre comparatif, ce taux est d'environ 30 % pour l’ensemble de l’île de Montréal.