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Des pommes, des oranges et de la publicité pré-électorale

Des pommes, des oranges et de la publicité pré-électorale
Photo d'archives, Simon Clark

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Définition de l’expression «deux poids, deux mesures» : Juger deux choses analogues avec partialité, selon des règles différentes.

C’est exactement ce à quoi s’adonne le PLQ lorsque le directeur des communications libéral demande à la CAQ de rendre publics les montants de certaines  publicités caquistes, en réponse à la mauvaise presse reçue lors de la publication d’un cahier partisan de 12 pages diffusé en Mauricie aux frais des contribuables.
 
Je trouve personnellement que les libéraux poussent le cynisme à son comble quand ils tentent d’entraîner leurs adversaires politiques dans la situation médiocre au sein de laquelle ils se sont eux-mêmes placés.

Un défi au PLQ

Dans un défi lancé à la libérale Véronyque Tremblay, la caquiste Geneviève Guilbault remet sur sa page Facebook les pendules à l’heure. Elle explique bien la différence entre ce qui est acceptable en matière de publicités politiques et ce qui ne l’est pas. Vous aurez compris bien sûr qu’elle dénonce avec véhémence ici le cahier ultralibéral de plus de 10 pages que les libéraux ont acheté dans un journal en Mauricie et pour lequel ils essaient de refiler la facture aux contribuables.
 
Mais en réponse au PLQ qui tente « beurrer » la CAQ en laissant entendre qu’elle fait la même chose, Mme Guilbault a eu l’audace de rendre publics les feuillets qu’elle-même et la députée libérale de Chauveau ont récemment fait parvenir aux citoyens de leurs comtés. Son défi ? Si le PLQ rend publics les coûts du feuillet de Mme Tremblay, elle rendra publics les coûts du sien. Plutôt habile!
 
Quiconque connait un peu la politique québécoise et le travail de député en circonscription sait que tous les députés font de tels envois depuis des années. Ces feuillets sont non partisans et approuvés dans les règles de l’art par l’Assemblée nationale avant même leur envoi, comme c’est le cas habituellement pour tous les députés. Et si les envois sont partisans, l’Assemblée refuse de les accepter. Ces publications servent d’abord et avant tout à informer les citoyens du travail accompli par l’élu qui les représente à l’Assemblée nationale. Dans bien des cas, nos députés font un travail de circonscription qui leur demande beaucoup d’heures et d’énergies, sans qu’il en soit fait mention dans les grands médias. Que l’institution qu’ils représentent rembourse certains montants pour informer le public de leur travail ne devrait pas poser de problème, tant que ce n’est pas partisan.
 
Certains trouveront peut-être que c’est un drôle de hasard que ces feuillets paraissent à quelques semaines des élections, mais les règles sont faites ainsi et c’est comme cela depuis des décennies. Une chose est certaine, toutefois, tout ce processus pourrait être beaucoup plus transparent. Il serait pertinent que les partis s’entendent pour rendre les montants publics. Je suis convaincu que la population ne trouverait pas exagéré que des députés puissent envoyer des dépliants à leurs citoyens, franchement...

Pour une réforme
 
Parlant de publicité partisane à la toute veille des élections, je vous rappelle que les libéraux ont récemment profité d’un supplément remis aux parents pour l’achat de fournitures scolaires pour y apposer la signature du gouvernement libéral. Encore une fois à titre d’exemple, ce sont 5 millions de $ que les libéraux ont dépensés entre janvier et avril 2017 afin de faire la promotion de leur Plan économique. Dans la foulée de ces publicités promotionnelles libérales, la CAQ avait d’ailleurs déposé un projet de loi encadrant les communications à saveur partisane provenant des organismes publics, pour s’assurer que les fonds publics soient utilisés à des fins d’information ou de prévention. Rappelons également que ce même projet de loi avait été rejeté par les libéraux.