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Expulsion d’Haïtiens: inquiétude au sein de la communauté

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L’inquiétude règne au sein de la communauté haïtienne du Québec à la suite d’un reportage de TVA Nouvelles, qui a révélé mercredi que 501 demandeurs d’asile haïtiens avaient été expulsés par l’Agence des services frontaliers du Canada depuis 2017.

Le Comité d’action des personnes sans statut reproche au Canada de manquer de jugement, et juge qu’Haïti ne constitue pas un endroit sécuritaire.

«Haïti est assise sur un baril de poudre. On se souvient des événements du 6 et 7 juillet derniers, de cette décision impopulaire du gouvernement d’augmenter de manière abusive le prix de l’essence. Il y a eu des émeutes. Malgré la démission du premier ministre et la mise en place d’un nouveau gouvernement, il y a une instabilité grandissante», a dit Frantz André, du Comité d’action des personnes sans statut.

«Au début juillet, on avait d’ailleurs recommandé aux Canadiens de ne pas aller en Haïti [...] Donc, si Haïti n’est pas considéré un endroit sécuritaire pour les Canadiens, pourquoi le serait-il pour les Haïtiens qu’on déporte très souvent aux frais des contribuables?» s’interroge-t-il.

«Boucs émissaires»

M. André affirme par ailleurs que l’avenir d’Haïtiens vivant au Canada depuis une dizaine d’années n’est plus sûr.

«En 2004, un moratoire avait été déposé pour protéger des milliers d’Haïtiens à la suite des violences dans la foulée du départ de Jean-Bertrand Aristide. En 2010, il y a eu l’important séisme. On estimait à environ 3200 Haïtiens protégés par ce moratoire. Malheureusement, en décembre 2014, le moratoire a été levé», a-t-il rappelé.

«Il y a des Haïtiens vivant au Canada depuis 2008 ou 2010 qui sont maintenant convoqués aux services frontaliers pour choisir une date de déportation. On pensait que le Canada aurait été plus clément à l’égard de ces Haïtiens. On s’inquiète face à cette accélération des déportations. On estime qu’on se sert des Haïtiens comme boucs émissaires pour dissuader des groupes ethnoculturels de venir ici comme demandeurs d’asile», a déploré M. André.