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Les commerçants de la Plaza Saint-Hubert s'inquiètent

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Les commerçants de la Plaza Saint-Hubert appréhendent le pire, deux semaines avant le début des travaux qui transformeront complètement la vieillissante artère commerciale.

«Dès que j’en parle, j’ai peur. Je me demande même si on va être capable de payer le loyer», frissonne Christiane Ntieti, propriétaire d’une boutique de vêtements, avant de se ressaisir pour saluer deux clientes.

Deux clientes régulières, comme il n’y en a de moins en moins. Même si les travaux n’ont pas encore débuté, Mme Ntieti enregistre déjà une baisse d’achalandage d’environ 30 % cet été.

«Les gens pensent que c’est déjà commencé. Quand ils ont enlevé les marquises, ça a découragé les clients», observe celle qui a pignon sur rue depuis trois ans.

Travaux nécessaires

Le toit de verre, qui recouvrait les mythiques marquises vertes, a en effet été retiré l’année dernière en préparation des travaux entre les rues Jean-Talon et Saint-Zotique.

C’est sur ce tronçon que la rue Saint-Hubert sera complètement fermée à la circulation jusqu’à l’été 2019. Puis, ce sera entre Saint-Zotique et de Bellechasse, où le plafond de verre sera enlevé dans quelques semaines.

La Ville a décidé de faire les travaux en deux phases pour minimiser l’impact sur les commerçants.

D’ici 2020, la marquise sera complètement remplacée et le réseau d’aqueduc aussi. Les trottoirs seront élargis. Cela entraînera la perte des espaces sur un des deux côtés de la rue.

«C’est un passage obligé. Les infrastructures avaient vraiment besoin d’être renouvelées», tranche Mike Parente, directeur général de la Société de développement commercial de la Plaza Saint-Hubert.

Devoir quitter

À travers les boutiques de robes de mariées et les petits restaurants, tous partagent son avis, mais beaucoup craignent de ne plus être là quand sera inaugurée la «nouvelle plaza».

«J’ai peur de perdre ma job à l’automne. Je n’ai plus 20 ans, ce ne sera pas facile de m’en trouver une nouvelle», angoisse Sabina Kramer, une vendeuse d’expérience.

Un coin de rue plus loin, Ramesh Kumar a déjà son plan B.

«Si je vois que les clients ne viennent plus, je vais partir dans un centre commercial. Le loyer est plus cher, mais je vais faire plus d’argent», résonne-t-il.

Les commerçants importunés par le méga chantier pourront souscrire au nouveau Programme réussir @Montréal (PR@M), qui prévoit des compensations de 30 000 $, rappelle Mike Parente, qui reconnaît cependant que d’autres devront forcément fermer boutique.

«Il y en a d’autres qui vont prendre leur place», espère l’homme d’affaires.