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Migrants: une coalition d’organismes écorche le nouveau ministère de Justin Trudeau

Migrants: une coalition d’organismes écorche le nouveau ministère de Justin Trudeau
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

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OTTAWA | La création d’un ministère de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé risque d’alimenter la haine envers les migrants qui entrent au pays, dénoncent sept organismes de défense des droits dans une lettre adressée au premier ministre du Canada.

Annoncé lors du dernier remaniement ministériel, le nouveau portefeuille fait une «association toxique» entre migrants et criminalité, peut-on lire dans la missive envoyée mercredi à Justin Trudeau et cosignée notamment par Amnistie internationale et le Conseil canadien pour les réfugiés.

Cela «risque inéluctablement d’alimenter le discours très dangereux qui véhicule l’idée que les gens qui fuient pour sauver leur vie enfreignent la loi voire qu’ils représentent une menace à notre sécurité», écrivent les organismes.

Ils pressent également Justin Trudeau de dissiper la «confusion» qui entoure le rôle du ministre Bill Blair, indiquant «qu’il y a déjà suffisamment de chevauchement» entre les ministères de la Sécurité publique et de l’Immigration.

La coalition fait référence dans sa lettre au passage difficile de M. Blair, qui n’a toujours pas reçu sa lettre de mandat, devant le comité de l’immigration le 24 juillet.

Si le ministre a précisé que ni l’Agence des services frontaliers ni la Gendarmerie royale du Canada ne se rapporteraient à lui, «il n’a pu cependant apporter aucun éclaircissement sur ses pouvoirs ni sur la relation particulière qu’il entretient avec les ministères et les services concernés», déplore le regroupement.

Depuis le début de l’année dernière, plus de 31 000 demandeurs d’asile ont été interceptés par la GRC à la frontière canadienne, dont 29 000 au Québec.

Dans ce contexte, les sept organismes jugent que le nouveau ministère «alimente un sentiment de crise qui n’est pas fondé».

«Si la position du gouvernement est qu’il ne s’agit nullement d’une crise, mais bien de difficultés auxquelles doivent faire face les ministères et les services en place, vous devez sûrement comprendre pourquoi la nomination d’un nouveau ministre de la Sécurité frontalière et l’indication spécifique qu’il «sera le ministre responsable de l’immigration illégale» envoie le message contraire», peut-on lire dans la lettre.