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Se méfier des médias?

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Samedi dernier, Le Journal mettait en garde contre les fausses nouvelles qui dénaturent le débat public en brouillant la frontière entre la vérité et le mensonge.

La mise en garde était nécessaire, surtout à la veille des élections. Une démocratie qui fonctionne bien est une démocratie qui s’informe bien.

Faits

Mais, on le sait, la question des fausses nouvelles est complexe. Si je dis que le pont Jacques-Cartier a été la cible d’un attentat terroriste et que personne ne l’a ciblé, c’est une fausse nouvelle, point final. Il n’y a pas matière à discussion.

Mais c’est rarement aussi simple.

Et il arrive qu’on se retrouve moins devant un mensonge que devant une interprétation de la réalité où plusieurs points de vue diffèrent.

Prenons l’exemple de l’arrivée massive de migrants à la frontière américaine.

Pour les uns, dont je suis, nous sommes devant une arrivée d’immigrants illégaux. Pour les autres, que je critique, on ne saurait utiliser ce terme. Devons-nous nous accuser mutuellement de diffuser des fausses nouvelles ? Nous sommes plutôt devant deux lectures possibles du phénomène. Si je peux accuser mon adversaire de déformer la réalité, je ne saurais l’accuser de colporter consciemment des mensonges.

Le Journal rappelait aussi que le commun des mortels se méfie de plus en plus des médias. C’est juste et inquiétant. Mais demandons-nous pourquoi ?

Trop souvent, certains médias sont exagérément biaisés.

Lorsque le diffuseur public milite ardemment pour faire croire que le Québec est menacé par une poussée de l’extrême droite, il en vient presque à créer une réalité alternative qui révèle à tout le moins son biais idéologique. Inversement, le diffuseur public conjugue la complaisance et le silence à propos de l’extrême gauche.

Les médias ont leurs méchants préférés et leurs chouchous, mais peinent à l’avouer et se drapent souvent derrière une prétention absolue à l’objectivité.

Qui cultive le politiquement correct sans gêne finira par exaspérer la population.

Le biais des grands médias s’exprime aussi souvent par la sélection des informations dont on parlera ou non. On se souvient des agressions sexuelles massives de Cologne dans la nuit du jour de l’an 2016. Les médias ont d’abord eu la tentation de ne pas en parler parce que les coupables étaient des migrants. Les médias allemands craignaient d’alimenter le racisme.

Silence

Ce silence coupable, on l’a aussi entendu lorsque le scandale de l’esclavage sexuel de Telford en Grande-Bretagne a éclaté, mettant en scène des gangs pakistanais exploitant des jeunes filles « blanches ». L’information était connue, mais tue depuis longtemps, pour les mêmes raisons qu’à Cologne. Quand la presse a dû en parler, elle s’est faite terriblement discrète, comme s’il fallait taire ce qui compromet le grand récit de la diversité heureuse.

Les médias alternatifs qui font la plupart du temps le procès des grands médias ne pourraient pas émerger si le commun des mortels gardait sa confiance en eux. Il appartient à ces derniers de regagner la confiance populaire.