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Deux îles, deux destins

Deux îles, deux destins
Photo courtoisie © Nina Subin

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La romancière américaine Elin Hilderbrand, de plus en plus connue et appréciée des lecteurs québécois pour ses romans se déroulant sur l’île de Nantucket, sur la côte Est, s’est amusée à jouer avec le destin de Harper et Tabitha, des jumelles, dans Un été pour deux.

Tabitha et Harper, deux sœurs jumelles que la vie a séparées, se ressemblent à s’y méprendre physiquement. Cependant, elles ont chacune leur personnalité : l’une est relax et insouciante, l’autre est rigide et élégante.

Le jour où leur père décède brutalement, le destin les réunit. Elles constatent qu’elles ne sont pas heureuses, chacune de leur côté. Harper vit en solo sur l’île de Nantucket tandis que Tabitha élève seule sa fille Ainsley sur l’île voisine de Martha’s Vineyard. L’adolescente lui en fait voir de toutes les couleurs.

Malicieusement, en souvenir de ce qu’elles faisaient pendant leur enfance, les jumelles décident d’échanger leurs maisons et leurs vies pendant quelques mois. Une petite pause pour remettre leur quotidien sur les rails. Mais les secrets de famille remontent à la surface et de nouvelles flammes apparaissent.

Elin Hilderbrand, une romancière à la plume ensoleillée qui a un don pour créer des personnages inoubliables, s’est bien amusée à comparer les îles de Nantucket et Martha’s Vineyard dans ce délicieux roman.

« Je pense qu’il y a une rivalité entre les deux îles et c’est exactement ce que je décris dans le livre. Martha’s Vineyard est deux fois plus grande que Nantucket, deux fois plus peuplée et l’île est beaucoup plus proche de Cape Cod. La population en été grimpe à 100 000 personnes », explique-t-elle en entrevue.

« Nantucket est plus petite et se trouve bien plus éloignée du continent : il faut 40 minutes en bateau pour se rendre à Martha’s Vineyard tandis que celui qui se rend à Nantucket prend deux heures et 10 minutes. »

Inspirée par un film

Elin souhaitait depuis longtemps écrire un roman se déroulant à Martha’s Vineyard et s’est inspirée d’un film américain très populaire, L’attrape parents, dans lequel des jumelles échangent leurs identités. « Dans le film, elles sont très jeunes. Mais je voulais examiner le destin de jumelles adultes, qui entrent chacune dans la vie de l’autre. »

Un bon défi ? « C’était difficile parce qu’il fallait que ce soit crédible. Je me suis lancée : Tabitha veut prendre une pause de sa fille et Harper veut se sauver de tous ses problèmes. »

Un peu d’elle-même

Elin confie qu’il y a un peu d’elle-même dans chacune. « Je préfère Harper parce qu’elle est un peu plus décontractée et elle a connu une période difficile. Mais j’avais beaucoup d’empathie pour Tabitha, parce qu’elle a perdu un enfant et a vécu sous l’emprise de sa mère pendant tellement longtemps. »

« Je savais que la personnalité des jumelles reflète celle de l’île où elles vivaient. Et quand Harper part à Nantucket pour s’occuper de la boutique, elle est comme un poisson hors de l’eau. Mais elle trouve moyen de s’organiser. Tabitha part pour Martha’s Vineyard, décide de réparer la maison familiale et tombe amoureuse. Ça m’a beaucoup plu ! »

Elle s’est rendue à Martha’s Vineyard en plein cœur de l’hiver pour bien comprendre sa personnalité. Elle l’a visitée en compagnie d’insulaires qui ont répondu à toutes ses questions et est tombée sous le charme.

Elle s’est aussi inspirée de quelques histoires locales croustillantes de Nantucket pour imaginer l’histoire d’amour avec Reed. « C’est une petite île... c’est parfois ennuyant et il arrive que les gens se créent des situations à problèmes, plus que sur le continent ! On me raconte beaucoup de choses ! »

  • Les romans d’Elin Hilderbrand sont publiés avec succès dans le monde entier.
  • Elle vit sur l’île de Nantucket et souhaite rencontrer très bientôt ses lecteurs québécois.

EXTRAIT

Un été pour deux, Elin Hilderbrand, Éditions City, 412 pages
Photo courtoisie
Un été pour deux, Elin Hilderbrand, Éditions City, 412 pages

« Tabitha a été invitée à un cocktail à bord du Belle, un yacht en bois de vingt-trois mètres. Bâti en 1929, le Belle sert aujourd’hui de lieu de réception aux membres du Westmoor Club. Tabitha connaît à peine les organisateurs de la soirée et à cette heure-ci, il fait plus que frisquet dans le port, mais depuis qu’elle est séparée de Ramsay, Tabitha ferait n’importe quoi pour ne pas rester chez elle. »

– Elin Hilderbrand, Un été pour deux, Éditions City