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La déprogrammation de France Beaudoin

France Beaudoin
Photo courtoisie, Ici ARTV France Beaudoin

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De son propre aveu, France Beaudoin a dû subir une « déprogrammation » avant d’entamer les enregistrements de Pour emporter, sa nouvelle émission de grandes entrevues à ICI ARTV. Après neuf années à mener de courts blocs de discussion à En direct de l’univers, elle devait chasser certains automatismes. Pas besoin de puncher à tout prix. Pas besoin de précipiter et d’accélérer. « On est rendu formaté... et c’est correct, observe-t-elle. Ce n’est pas plus ou moins bon. C’est une autre affaire. »

La première saison de Pour emporter sera constituée de 20 rencontres d’une heure. Chacune d’elles gravite autour de mots clés ayant inspiré un invité. Des mots qui peuvent être extraits de livres, de citations, de titres, de pièces de théâtre et même de films.

Au cœur d’une ère de vitesse grand V où plus personne n’a de patience pour des clips dépassant la barre des 30 secondes sur Facebook, piloter une émission d’entretien en profondeur – sans coups d’éclat aux 30 secondes, sans chroniqueurs « humeuristes », sans invités-surprises et sans artifices (autre qu’Antoine Gratton au piano) – peut sembler casse-gueule.

« Au début, j’avais peur que ce soit long, reconnaît France Beaudoin. Mais c’était un réflexe. Parce qu’avoir du temps, c’est formidable. Tout est différent.

Dans un contexte d’une heure, un moment très émotif prend une autre couleur. Tout devient plus nuancé. Pour nous, c’était très important de donner le temps aux invités de mettre en contexte et d’aller au bout de leurs opinions. »

Des découvertes

Bien qu’avant d’enregistrer le pilote avec Maripier Morin, France Beaudoin remettait tout en question, la populaire animatrice est heureuse d’avoir osé avec Pour emporter. Non seulement parce qu’elle croit avoir quelque chose de solide entre les mains, mais parce qu’en préparant chaque émission, elle a découvert des ouvrages qu’elle n’oubliera jamais. Parmi eux, signalons Les luttes fécondes, un essai de Catherine Dorion qui nous amène à réfléchir sur l’importance de rester en harmonie avec qui nous sommes vraiment.

« Si ton couple n’est pas fort, fais attention, parce que je connais des gens qui se sont séparés après avoir lu ce livre ! » s’exclame-t-elle en riant.

L’animatrice signale également Les prodiges, un bouquin du journaliste canadien Malcolm Gladwell qu’elle a épluché pour pouvoir en discuter avec Louis T. « Est-ce que j’aurais pris ce livre en passant chez Renaud-Bray ? Probablement pas. Mais je suis contente de l’avoir fait. »

Sans filet

France Beaudoin anime Pour emporter sans filet, c’est-à-dire sans cartons, sans oreillette et sans télésouffleur. « Je n’en voulais pas, explique-t-elle. J’arrive ultra, ultra préparée pour être capable d’écouter. Je voulais être 100 % présente. Je voulais qu’on sente que c’est plus une conversation qu’une entrevue. »

Selon ses dires, France Beaudoin n’aurait pas été capable de piloter une émission du genre il y a 10 ans. Elle dit qu’elle n’aurait pas eu l’abandon nécessaire pour y arriver. Néanmoins, pour expliquer la réussite du projet, elle hésite à s’accorder le moindre crédit. Humble, elle préfère souligner le travail des recherchistes ou encore la grande générosité des invités.

« Maripier Morin a été formidable, dit-elle. Elle nous a vraiment mis sur une track. Après cet enregistrement, je savais que ça allait marcher. »

Serge Denoncourt, Patrice Robitaille, Mariana Mazza, Frédéric Lenoir et Marc Labrèche se sont également prêtés au jeu.

En direct du renouveau

France Beaudoin reprendra les rênes d’En direct de l’univers à Radio-Canada le 8 septembre avec une spéciale rentrée télé. Une semaine plus tard, elle entamera officiellement la 10e saison du Rendez-vous musical. Au cours des mois à venir, elle recevra notamment Stéphane Rousseau, Jay Du Temple, Yannick Nézet-Séguin, Bianca Gervais, Mariloup Wolfe et Karine Vanasse.

Cette nouvelle saison comportera une part d’inconnu puisque Jean-François Blais a quitté le navire en juin pour aller rejoindre La Voix.

France Beaudoin affirme être « en très bons termes » avec son ancien réalisateur et metteur en scène, mais elle ne cache pas que son départ a été une « énorme » surprise.

« C’est la dernière affaire à laquelle je m’attendais. Mais on n’appartient à personne. Chacun peut vivre ce qu’il veut vivre. Et je suis convaincue qu’avec tout son talent, Jean-François va apporter quelque chose d’extraordinaire à La Voix. »

France Beaudoin concède qu’il a fallu qu’elle « se revire de bord rapidement », mais avec une machine aussi bien huilée que celle d’En direct, elle croit que tout rentrera bientôt dans l’ordre, surtout avec l’ajout du réalisateur Luc Sirois (Y’a du monde à messe, Au suivant !) lors des captations du samedi.

« Ce n’est pas un château de cartes qui s’écroule », précise-t-elle.


ICI ARTV présente Pour emporter à compter de vendredi 20 h.