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Le cri de ralliement d’IsKwé

Iskwé
Photo courtoisie, Lisa MacIntosh

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Auteure, compositrice et interprète aux origines dénée-crie et irlandaise, IsKwé a volontairement choisi de s’éloigner des sonorités autochtones traditionnelles. Sa culture et ses origines sont toutefois bel et bien présentes dans les textes de ses chansons pop, rock et électros.

« Ma culture et mes origines autochtones sont présentes et circulent à travers mes textes. On retrouve, ici et là, des traces de musique traditionnelle autochtone dans ma musique, mais ce n’est pas ce que je recherche. Je ne voulais pas que mes propos se perdent à travers des sonorités traditionnelles. C’était important pour moi », a-t-elle mentionné lors d’un entretien.

Originaire de Winnipeg, IsKwé a deux albums à son actif. Un premier apparu en 2013 et The Fight Within, lancé en 2017, qui a été en nomination pour le disque de musique indigène de l’année et qui s’est retrouvé sur la longue liste pour le prix Polaris qui récompense le meilleur album canadien.

L’auteure, compositrice et interprète montera sur scène, ce soir, à 21 h 30, à la place des Festivals à Montréal, lors du spectacle Nikamotan Mtl, à l’occasion de l’événement Présence autochtone.

Elle fait partie du spectacle organisé par Musique nomade et qui mettra aussi en vedette Chances, Anachnid, Annie Sama, Wolf Castle, Violent Fround et Sacred Wolf Singers.

Une prestation où ces artistes de la relève musicale autochtone et indie présenteront leurs sonorités hip-hop, pop, électros et traditionnelles. Une rencontre de styles et de cultures où les artistes invités présenteront leur matériel et participeront à des collaborations.

Anachnid et Annie Sama dévoileront la chanson Now Now We qu’ils ont écrite ensemble, et IsKwé et le trio montréalais Chances feront la même chose avec la pièce Alive.

Un défi de création

IsKwé a apprécié cette collaboration sur le vif, qui a pris forme il y a un mois, dans un studio à Montréal.

« C’est intéressant d’être combinée avec un artiste qu’on ne connaît pas et avec qui on n’a jamais travaillé. C’est un immense défi et un bon test de créativité d’écrire une chanson en quelques jours. Ça permet de voir ce que l’on peut faire dans ce genre de circonstances et ça permet aussi de sortir de notre routine habituelle de création. On a beaucoup de plaisir », a-t-elle indiqué.

Un petit séjour à Montréal qui lui a permis de vivre une petite période d’immersion en français. Ce qu’elle n’avait pas fait, précise-t-elle, depuis son adolescence.

IsKwé a aimé cette collaboration avec la formation Chances, constituée de Vincent Carré, Chloé Lacasse et Geneviève Toupin.

« C’est bien d’avoir l’occasion de travailler avec des gens qui proviennent d’univers différents. Un des membres de Chances est natif du Manitoba et les deux autres sont du Québec. C’était une belle opportunité de mélanger nos univers », a-t-elle indiqué.

La chanteuse va aussi interpréter, lors de ce spectacle, quelques pièces de son répertoire.

« Ma musique est un mélange de toutes sortes de choses. J’aime dire que c’est une collision entre Florence and the Machine et The Weeknd. C’est une combinaison d’éléments électroniques et de rock qui cherchent à se rencontrer », a-t-elle expliqué.

Les petites victoires

Le titre Nobody Knows, que l’on retrouve sur l’album The Fight Within, aborde les violences commises à l’endroit des femmes autochtones et les nombreux cas de disparition au sein de ces communautés. Une pièce qui se veut un appel à la dénonciation.

The Fight Within marque un point de changement pour l’auteure, compositrice et interprète, qui a choisi de parler de racisme, des nombreux suicides chez les Premières Nations et de problématiques sociales et culturelles qui vont au-delà des communautés autochtones.

IsKwé croit qu’il est possible, malgré le cynisme ambiant, de changer les choses.

« Il ne faut pas être découragé par la vitesse à laquelle les choses changent. Il ne faut pas se laisser submerger par l’ampleur de la problématique. On peut se sentir insignifiant face à tout ça, mais on a la capacité de pouvoir changer les choses. Le petit geste que je peux poser peut déclencher quelque chose chez une autre personne et ainsi de suite. Les petites victoires peuvent faire partie de quelque chose de plus grand et amener des résultats », a-t-elle fait savoir.


Le spectacle Nikamotan Mtl est présenté ce soir, à 21 h 30, à la place des Festivals à Montréal, à l’occasion de l’événement Présence autochtone.