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Fierté gaie: les lesbiennes veulent être plus visibles

Des manifestants marchent sur la rue Sainte-Catherine pour la «L Marche», une manifestation pour les femmes issues de la diversité sexuelle, dans le cadre du festival Fierté Montréal.
Dario Ayala / Agence QMI Des manifestants marchent sur la rue Sainte-Catherine pour la «L Marche», une manifestation pour les femmes issues de la diversité sexuelle, dans le cadre du festival Fierté Montréal.

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Quelques centaines de lesbiennes et leurs alliés ont marché dimanche dans le Village pour réclamer une plus grande visibilité en marge de Fierté Montréal.

«À part Manon Massé et Ariane Moffatt, il n’y a pas beaucoup de modèles de lesbiennes au Québec. Il y en a beaucoup plus chez les hommes gais», regrette Julie Antoine, directrice générale du Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ), qui organise depuis cinq ans la «L marche».

La porte-parole de Québec solidaire en était d’ailleurs l’invitée d’honneur cette année.

«Aujourd’hui, c’est un peu notre préparation au grand défilé [de la fierté gaie] de la semaine prochaine. C’est important de se rassembler avant parce là-bas, on va être un peu diffuses parmi les autres groupes», a déclaré Manon Massé lors d’un vibrant discours avant que le cortège ne prenne la direction du quartier gai.

Peu attirées par le Village

Sous les boules multicolores, les terrasses du Village restent encore majoritairement masculines.

«Sans doute parce que le Village est très vieillissant et les jeunes lesbiennes ne se sentent pas à leur place, mais aussi peut-être parce que le Village est très francophone et que les lesbiennes anglophones sont beaucoup plus mobilisées en général», se questionne Florence Gagnon, qui dit avoir souffert du manque d’endroits pour rencontrer d’autres femmes qui aiment les femmes.

En 2012, elle a fondé Lez Spread the World (LSTW), un organisme qui vise à rassembler la communauté lesbienne. Leurs soirées «Où sont les femmes» attirent chaque fois entre 200 et 250 personnes au Ping Pong Club dans le Mile End.

«Ça marche très bien, mais on ne pourrait pas faire rouler un bar à temps plein. Les femmes, ce n’est pas comme les hommes. On est plus casanières. La cruise se fait moins dans les bars pour nous», observe Florence Gagnon.

Des préjugés et des avancées

Si les femmes homosexuelles sont moins visibles que les hommes, ce n’est certainement pas parce qu’elles se sentent mieux intégrées à la masse, insiste Julie Antoine.

«Il y a toujours des préjugés, même au sein de la communauté gaie. On est souvent réduites à un fantasme par les hommes hétérosexuels ou des femmes qui détestent les hommes», se désole la directrice du RLQ, qui se réjouit quand même que Fierté Montréal ait voulu leur faire une plus grande place cette année.

Pour sa 11e année, le festival affiche une programmation paritaire. Pour la première fois également, un groupe de femmes ouvrira l’emblématique parade dimanche prochain.