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Les familles «abandonnées»

Les familles «abandonnées»

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Le prestigieux journal Le Monde a récemment publié un texte chapeauté du titre: «Le Québec, un eldorado social».  

Il est vrai qu’ici, on vénère la dépense... Et le fric, Ô Saint-Esprit, doit venir des autres. Comme un logement social, un crédit d’impôt ou une subvention à Bombardier et aux millionnaires du showbiz.

Économiser, se prendre en main, assurer son avenir, tout ça est dépassé, compliqué, quasiment abstrait.

La responsabilisation ne tient pas une seconde devant le dernier iPhone, la promo d’un héros de la vulgarité ou les nouvelles espadrilles Adidas...

Devant la masse des assoiffés, les gouvernements n’ont d’autre choix que de poursuivre le rembourrage de l’eldorado...

Il n’y a qu’à écouter les politiciens ces temps-ci pour avoir une idée du confort qui attend les Québécois de tous les âges.

Effet pervers des élections à date fixe, la meute des élus et des apprentis parlementaires fait pleuvoir depuis des mois salive et milliards sur les enfants, les vieux, les familles, surtout les familles...

Ah, les pauvres familles, toujours à court de quelque chose, consommant à leur corps défendant, éprises de toute nouveauté, friandes de ci, de ça et de marges de crédit.

Les familles «abandonnées»
Photo Simon Clark

Leur détresse a évidemment ému le chef de la Coalition Avenir de Gauche du Québec, François Legault, qui, politique oblige, est déterminé à plaire aux pauvres, aux moyens et aux riches.

Il l’a dit récemment : «Les familles se sentent abandonnées». Encore un peu et ses apparatchicks distribuaient les Kleenex...

En faisant du porte-à-porte chez les hypothéqués, M. Legault a découvert la détresse. Les écrans plats, les deux bagnoles, le spa et la piscine ne sont souvent que des S.O.S.

À chaque fois qu’on lui ouvrait, c’était pour lui lancer: «On n’en peut plus! C’est pas le paradis, c’est le calvaire des familles!»

Prenant leurs complaintes pour du cash, le Sérinissime Caquiste a pris note des doléances exprimées et ajusta son programme. Ça fait longtemps qu’il a compris qu’ici, gouverner, c’est dépenser.

Les élections prochaines seront donc l’occasion de diffuser des reportages larmoyants sur les banlieusards zombifiés par Netflix et Nespresso, les yeux en œufs pochés, réclamant que l’État leur vienne en aide, eux-mêmes étant incapables d’agir, paralysés par les additions.

Avec 230 milliards d’hypothèques, 102 milliards de prêts personnels et un taux d’épargne de 5%, les familles québécoises sont légitimement stressées. Un syndic leur conviendrait peut-être mieux qu’un gouvernement. Quant aux cours de finances personnelles, les syndicats s’y opposent alors...

Les familles «abandonnées»
PHOTO D'ARCHIVES

Un peu de retenue ne ferait pas de tort aux nouvelles princesses du modèle québécois, mais ça, on n’a pas le droit de le dire... On risque le tollé virtuel. Quelqu’un quelque part, no name ou nobody, pourrait s’en offusquer, appeler un ombudsman patenté, s’en plaindre aux commissaires du peuple à la victimisation, trouver un angle raciste ou un prétexte genré, gémir à RDI, renifler à LCN, implorer le ciel à Cogéco...

Sans parler de l’écho que donnent au moindre malheur les paresseuses oppositions à l’Assemblée nationale...

Tout est possible de nos jours, surtout la bêtise. Tandis que faire appel au bon sens... 

Cette situation simplifie toutefois la vie des politiciens. Ceux qui, sans trop savoir pourquoi, veulent gouverner n'ont qu'à promettre. Mers et Mondes.