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Il se défend d’avoir fraudé la Sûreté du Québec

Le policier accusé compte plaider qu’il était vraiment inapte au travail

GEN - PROCES DE NICOLAS LANDRY POLICIER
Photo d'archives, Martin Alarie Le policier de la Sûreté du Québec Nicolas Landry est accusé d’avoir fraudé son employeur afin d’être déclaré inapte au travail et d’obtenir un plein salaire.

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Un policier de la Sûreté du Québec accusé d’avoir fraudé son employeur en mentant pour être en congé de maladie souffrait d’une dépression qui l’empêchait réellement de faire son travail, compte plaider la défense.

« On ne parle pas d’un mal de dos, mais de dépression. Pour être policier, il faut être en bonne santé mentale, surtout si on est armé », a déclaré l’avocat de la défense Walid Hijazi, lundi au palais de justice de Montréal.

Nicolas Landry, 42 ans, se défend d’avoir fraudé la police provinciale en 2014 en omettant des faits pour être déclaré inapte au travail tout en gardant son plein salaire jusqu’à la retraite. L’accusé avait joint la SQ en 2001, mais il a été diagnostiqué avec une dépression majeure en 2009. Il est depuis en congé de maladie.

« Profiteur »

Son employeur a toutefois eu des doutes sur le sujet, après qu’une collègue l’eut dénoncé.

« Mon amie, qui est la femme du frère de l’ex-conjointe de M. Landry, m’a dit qu’on avait un bon système de maladie à la Sûreté du Québec, car [Landry] se vante d’être payé à 100 % de son salaire et que la vie est belle », a expliqué l’agente lors du procès, lundi.

Plus tard, un voisin aurait dit à cette même policière que Landry était un « profiteur du système ».

« C’est venu chercher mon sens de l’éthique policière », a dit la témoin, qui a finalement fait une déclaration à ses supérieurs.

La SQ n’a pas lésiné sur les moyens dans son enquête, qui a même inclus des filatures par la Gendarmerie royale du Canada et par une firme privée.

Les enquêteurs ont ainsi découvert que pendant son congé de maladie, Landry avait souvent voyagé à l’extérieur du pays, comme au Mexique, en Italie ou à Dubaï.

Ses relevés de cartes de crédit laissaient aussi croire qu’il payait pour de la publicité dans de grands médias. Des courriels montrent qu’il donnait des directives à des employés.

Mais pour la défense, il est possible que la police provinciale ait mené son enquête avec des idées préconçues et une « vision tunnel ».

Dans une déclaration sous serment afin de pouvoir mener une perquisition, l’enquêteur a cité une évaluation psychiatrique sans dire que Landry était « en invalidité totale et permanente pour son emploi habituel », a souligné Me Hijazi.

« J’ai malheureusement l’impression qu’il y a eu une vision étroite [dans l’enquête] », a dit l’avocat, en rappelant le « niveau de compétence très élevé » requis pour être policier.

Le procès, qui a commencé la semaine passée, est prévu se poursuivre encore neuf jours.