/auto/reviews
Navigation

L’électrique antistress

2019 Chevrolet Volt
Photo courtoisie, General Motors Grâce à son groupe motopropulseur hybride rechargeable, la Chevrolet Volt offre le meilleur des deux mondes: une autonomie électrique satisfaisante pour un usage quotidien et l’absence de stress lors de longs voyages.

Coup d'oeil sur cet article

Les pétrolières qui traitent les consommateurs comme des yo-yo, ça vous agace et ça vous donne le goût d’acheter un véhicule électrique. Mais leur autonomie vous paraît contraignante. La Chevrolet Volt offre peut-être la solution à cette apparente impasse.

Les hausses fréquentes du prix de l’essence vous poussent à considérer l’achat d’un véhicule électrique (VÉ) de taille compacte. Mais l’autonomie réduite de certains de ces véhicules et le prix exorbitant des autres vous rebiffent. La solution à ce dilemme pourrait prendre la forme d’un véhicule hybride rechargeable comme la Chevrolet Volt.

Ce genre de véhicule combine l’action d’un moteur thermique peu énergivore à celle de moteurs électriques alimentés par une batterie de capacité moyenne. Le groupe motopropulseur qu’ils constituent procure, en traction électrique, une autonomie suffisante pour combler les besoins quotidiens d’un grand nombre de consommateurs canadiens. De plus, ces véhicules coûtent généralement moins cher qu’un VÉ. Enfin, puisqu’ils peuvent aussi se déplacer grâce à l’énergie produite par leur moteur thermique, seul ou en duo, ils éliminent le « stress de l’autonomie » engendré par les longs périples.

Dans le cas de la Volt, ce groupe motopropulseur est appelé Voltec. Il est constitué de deux moteurs électriques qui entraînent les roues avant. Ils sont alimentés par une batterie au lithium-ion de 18 kWh assisté d’un 4-cylindres Ecotec de 1,5 L à essence qui lui sert de génératrice. Il produit de l’électricité lorsque la batterie atteint son seuil minimum, ou lorsqu’on souhaite préserver sa charge pour un usage ultérieur. La puissance nette de 149 ch (111 kW) fournie par ce groupe motopropulseur procure d’excellentes performances, comme en témoignent les 8 brèves secondes nécessaires pour passer de 0 à 100 km/h avec cette voiture.

Précurseur d’une nouvelle catégorie

Relativement exclusive à l’époque de son lancement, à l’été 2010, la Volt a joué un rôle de précurseur dans un créneau constitué aujourd’hui d’une poignée de modèles compacts : l’Audi A3 e-Tron, la nouvelle Honda Clarity, la Hyundai Ioniq PHEV, l’utilitaire Mini Coutryman PHEV et la Toyota Prius Prime. Cette Chevrolet demeure cependant le modèle du genre le plus populaire au Canada, tout en étant, depuis 2011, le véhicule électrifié le plus vendu (VÉ et hybrides rechargeables confondus). Par ailleurs, soulignons qu’en 2017, la moitié des Volt vendues au pays ont pris la route du Québec.

Le tableau de bord de la Volt actuelle, qui n’a plus les touches tactiles peu pratiques du modèle de la première génération, se révèle nettement plus convivial.
Photo courtoisie, General Motors
Le tableau de bord de la Volt actuelle, qui n’a plus les touches tactiles peu pratiques du modèle de la première génération, se révèle nettement plus convivial.

Toutes ces Chevrolet ne représentent toutefois qu’une poignée de véhicules. L’an dernier, seules 2123 Volt ont été livrées au Québec et 4313 au Canada. Durant la même période, les concessionnaires GM ont vendu plus de 27 000 Chevrolet Cruze à l’échelle du pays. Cette voiture compacte, qui a un gabarit similaire à celui d’une Volt, compte parmi les plus populaires de sa catégorie au Canada.

L’écart entre ces chiffres de ventes s’explique simplement : le prix plus élevé de la Volt freine à sa diffusion. Offerte à partir d’environ 39 000 $, la Volt LT d’entrée de gamme coûte 16 500 $ de plus qu’une Cruze Hatchback LT, un modèle comparable qui, à l’instar de la Volt, a une carrosserie à hayon.

Incitatifs de Québec

Heureusement, la Volt figure parmi les véhicules admissibles aux incitatifs applicables à l’achat ou à la location qu’offre le gouvernement du Québec. Pour l’achat de cette voiture, le rabais se chiffre à 8000 $, alors que les montants proposés pour la location varient de 2000 à 8000 $, selon la durée du terme. Cette aide gouvernementale rend la Volt plus attrayante puisqu’elle réduit, par exemple, le prix d’achat à environ 31 000 $.

On accède au coffre en soulevant un très long hayon. Doté d’un seuil élevé, son volume utile est modulable grâce aux dossiers 60/40 rabattables de la banquette arrière.
Photo courtoisie, General Motors
On accède au coffre en soulevant un très long hayon. Doté d’un seuil élevé, son volume utile est modulable grâce aux dossiers 60/40 rabattables de la banquette arrière.

Ce programme gouvernemental prévoit également des subventions pour l’achat et l’installation de bornes de recharge à haut débit (240 v). Ces appareils réduisent considérablement le temps de recharge de la batterie. Dans le cas d’une Volt 2018, voiture dont nous avons fait l’essai, lorsque la charge de la batterie a atteint son seuil minimum, environ 13 heures sont nécessaires pour la recharger à l’aide d’une prise de courant de 120 v ordinaire. Par contre, avec une borne de recharge de 240 v, environ 4,5 heures suffisent. Or, le coût d’achat de ce genre d’équipement se situe entre 600 et 1300 $, alors que son installation coûte de 400 à 1100 $, selon le site du gouvernement du Québec (www.vehiculeselectriques.gouv.qc.ca) qui précise que l’aide financière offerte dans ce volet du programme peut atteindre 600 $ (350 $ pour l’achat d’une borne admissible et 250 $ pour son installation).

Par ailleurs, puisqu’il s’agit d’une aide financière versée par le gouvernement, le bénéficiaire reçoit automatiquement un « relevé 27 » de Revenu Québec (RL-27). Dans ce cas, que doit-on faire au moment de remplir la déclaration de revenus annuelle ? Si le véhicule ne sert qu’à des fins personnelles ou familiales, il ne serait pas nécessaire de déclarer ce RL-27. Par contre, s’il s’agit d’un véhicule mis à la disposition d’un employé par son employeur, ou un véhicule utilisé par un travailleur autonome dans le cadre de ses fonctions, il vaudrait mieux s’entretenir avec un fiscaliste pour éviter des bévues potentiellement onéreuses.

Savoir définir ses besoins

L’aspect pécuniaire de l’achat d’une voiture verte ne s’arrête pas là. Encore faut-il savoir quel usage on en fera. Si le but premier de l’acquisition du véhicule vise à réduire les frais annuels en carburant, une Chevrolet Cruze Hatchback à moteur turbodiesel pourrait aussi constituer une solution intéressante, du moins dans le cas d’un automobiliste ayant à parcourir régulièrement de longues distances (imaginez, par exemple, un travailleur qui fait l’aller-retour Montréal-Québec chaque semaine). Équipée d’un 4-cylindres turbodiesel de 1,6 L, cette Cruze est offerte à partir de 26 695 $ et sa consommation moyenne serait de 6,5 L/100 km, selon les chiffres publiés par Ressources naturelles Canada (RNCan). Puisque la Volt affiche une moyenne de 5,6 L/100 km (calculée sur la base d’une utilisation régulière et normale de son moteur thermique), l’écart de moins d’un litre aux 100 km que cela représente pourrait, dans certains cas, défavoriser la Volt.

En revanche, si vous êtes un de ces citoyens canadiens moyens décrits par Statistique Canada, qui ne parcourent pas plus de 50 km quotidiennement pour faire l’aller-retour de la maison au travail, alors la Volt serait nettement plus désirable, malgré l’écart de prix d’achat. Dans un scénario pareil, il se pourrait même que vous n’entendiez presque jamais le ronronnement constant de son moteur, puisque l’autonomie électrique de cette voiture atteint 85 km, selon GM — chiffre que nous avons régulièrement dépassé de quelques kilomètres. La Volt est, par ailleurs, très agréable à conduire. Elle a une direction précise, une insonorisation efficace et un groupe motopropulseur particulièrement souple et discret. Ajoutez une borne de recharge sur les lieux du travail, et voilà comment rendre ce scénario encore plus rose... ou vert, si vous préférez !

Buick Velite 6, une Volt familiale

Buick Velite 6.
Photo courtoisie, General Motors
Buick Velite 6.

General Motors est en passe de multiplier le nombre de véhicules électrifiés vendus en Chine. Il offre déjà la Chevrolet Volt, transformée en Buick Velite 5 là-bas, et il s’apprête à commercialiser deux autres Buick, dont une qui ressemble à la Volt.

Présentées au Salon de Beijing, en avril, ces nouveautés s’appellent Velite 6. Esthétiquement proches, la première a un groupe motopropulseur hybride rechargeable et la seconde une motorisation électrique seulement.

Leur carrosserie de type familiale (certains préféreront dire multisegment) a des dimensions comparables à une Volt, mais leur coffre transformable s’avère plus volumineux. La motorisation de la version hybride reprend la formule utilisée pour la Volt, soit un 4-cylindres de 1,5 L jumelé à deux moteurs électriques alimentés par une batterie au lithium-ion. Contrairement à la Chevrolet, cependant, plutôt que d’avoir une batterie volumineuse étalée en « T », celle de la Velite 6 est entièrement logée sous le plancher du coffre, une formule qui sera sans doute adoptée pour de futurs produits GM électrifiés destinés à notre marché.

GM fait miroiter une autonomie de 700 km et une consommation de 1,4 L/100 km pour cette hybride. Par contre, les performances de la Velite 6 électrique restent inconnues pour le moment.

Chevrolet Volt

Prix de base

38 995 $ (LT) ; 43 095 $ (Premier).

Transport et préparation

1700 $

Frais du concessionnaire

250 $

Groupe motopropulseur

2 moteurs électriques, batterie au lithium-ion de 18,4 kWh et moteur-générateur L4 DACT 1,5 L. Puissance nette : 149 ch. Boîte de vitesses automatique à variation continue. Roues motrices avant.

Particularités

Suspension indépendante aux roues avant et poutre de torsion à l’arrière. Freins à disque aux quatre roues. Antiblocage de série. Pneus : 215/50R17.

Cotes

Empattement : 2695 mm ; longueur : 4582 mm ; largeur : 1570 mm ; hauteur : 1433 mm. Poids : 1596-1607 kg. Volume du coffre : 300 L (volume minimum). Volume du réservoir : 34 L. Consommation moyenne (RNCan, BVA, 4RM) : 5,6 L/100 km.

Concurrence

Audi A3 e-Tron, BMW i3 et i3s, Honda Clarity, Hyundai Ioniq PHEV, Mini Coutryman PHEV, Toyota Prius Prime

Points forts

  • Consommation très raisonnable
  • Insonorisation de l’habitacle
  • Moteur pimpant
  • Conduite très agréable

Points faibles

  • Visibilité arrière médiocre
  • Seuil très haut du coffre
  • Places arrière peu spacieuses