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Barry Bonds : la page est tournée à San Francisco

Lors de son discours samedi dernier, Barry Bonds n’a pas fait preuve de beaucoup d’humilité.
Photo AFP Lors de son discours samedi dernier, Barry Bonds n’a pas fait preuve de beaucoup d’humilité.

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Les Giants de San Francisco ont retiré le numéro 25 de Barry Bonds samedi soir au AT&T Park. Ce fut une très belle cérémonie et l’organisation des Giants a fait preuve d’énormément de classe.

En plus de retirer officiellement le numéro de Bonds, les festivités se voulaient une occasion pour les partisans des Giants d’applaudir et de remercier le voltigeur puisqu’ils n’avaient pas eu la chance de le faire avant qu’il joue son dernier match en 2007.

Bonds aurait aimé continuer à évoluer dans les majeures après la saison 2007 et il en aurait été capable. Par contre, aucune des 30 équipes ne voulait courir le risque avec celui qui se retrouvait au beau milieu d’accusations et d’enquêtes sur sa consommation de stéroïdes, d’entrave à la justice et de parjure devant un grand jury fédéral.

Donc, pour le Californien de 54 ans et les partisans des Giants, la cérémonie de samedi était une façon de tourner la page.

J’étais à l’analyse du match des Pirates de Pittsburgh et des Giants vendredi soir dernier à l’antenne de TVA Sports. Je voyais qu’on préparait le terrain et le stade pour le retrait du numéro 25.

Je me posais plusieurs questions. Allait-il tenir une conférence de presse avant la cérémonie ? Non, pas de point de presse, pas de disponibilités pour les médias...

Je me demandais par ailleurs si Bonds avait des regrets dans son for intérieur ? Aurait-il aimé faire des choses autrement ?

Bonds était tout un joueur de baseball. Même sans stéroïdes. Mais Bonds était malcommode. Il était un joueur extrêmement arrogant. L’arrogance et la confiance sont des qualités primordiales pour un athlète de haut niveau. Particulièrement au baseball. Bonds était convaincu qu’il aurait le dessus sur le lanceur à chacune de ses présences au bâton.

Le problème est que Bonds se croyait au-dessus de tout. Il n’avait pas beaucoup de respect pour les journalistes, les préposés, les employés de soutien et même ses coéquipiers. Il avait mentionné lors d’une entrevue en 2016 qu’il avait été stupide d’agir ainsi pendant toutes ces années.

À Cooperstown ?

L’auteur de 762 circuits disait qu’il avait essayé d’être gentil pendant une semaine. Mais comme il n’avait pas obtenu un seul coup sûr en 21 présences, il avait conclu que ce n’était pas une bonne idée.

Les actions de Bonds à l’extérieur du terrain risquent de le garder à l’extérieur du Temple de la renommée. Les journalistes avec qui il n’a pas été toujours généreux ne voteront pas pour lui.

Lorsque je regardais la cérémonie samedi, je voulais voir un peu d’humilité. Je voulais voir un peu de sagesse de la part de celui qui demeurera le plus grand joueur de tous les temps avec un astérisque.

J’avais de l’empathie pour l’ancien cogneur de puissance. Il a réussi à toucher des cordes sensibles lorsqu’il parlait de son père, racontant comment celui-ci avait été exigeant et dur avec lui. C’est entre autres ce qui avait poussé Bonds à vouloir être le meilleur, peu importe les moyens et le prix à payer.

Sans humilité

Ce bref moment m’a permis d’apprécier l’homme qui a dû vivre avec le sentiment de ne jamais être assez bon aux yeux de son père. Mais ce fut un très court instant de compassion.

Sur la galerie de presse, dans les minutes ayant suivi la fête, Bonds s’est retrouvé devant quelques journalistes.

« Ce stade représente beaucoup plus que le numéro 25, car c’est moi qui ai bâti ce parc, c’est ma maison, c’est notre maison comme communauté, mais je sais qui a fait tout ça. Willie [Mays] n’a jamais joué ici, [Willie] McCovey non plus. J’ai joué ici. Lorsque je rentre dans le stade, je me dis : “Oui, c’est moi qui ai fait ça.” »

Avec ses propos, Bonds m’a ramené sur terre rapidement. Il ne changera pas.