/opinion/blogs/columnists
Navigation

Nos auteurs

CA_Steve E. FortinCA_Marie-Eve DoyonCA_Stéphane Lessard

La parole de Couillard ne vaut plus rien

La parole de Couillard ne vaut plus rien
Photo Pascal Dugas-Bourdon

Coup d'oeil sur cet article

On a assisté cet après-midi à une scène digne d’un épisode de la série House of Cards. François Ouimet, député libéral du comté de Marquette depuis plus de 24 ans, a expliqué dans une conférence de presse qu’il avait été trahi par son chef, Philippe Couillard, qui l’a largué sans état d’âme.

Le chef libéral avait pourtant donné sa parole, lui promettant de le soutenir lors d’une rencontre en mai dernier. Je cite M. Ouimet : « Le premier ministre m’a regardé dans les yeux, m’a serré la main et m’a réitéré sa confiance de vive voix, en mai dernier, en me disant : Inquiète-toi pas, je ne te jouerai pas de tour, je vais signer ta lettre de candidature. »

Le député au bord des larmes était visiblement encore sous le choc de la trahison de son chef.

Deux raisons semblent expliquer la décision de Couillard

Premièrement, il a tassé François Ouimet pour pouvoir dire que François Legault était le doyen de l’Assemblée nationale. Une manière d’entamer la capacité du chef de la CAQ d’incarner le changement. Pour Philippe Couillard, une attaque contre un adversaire vaut plus que la carrière d’un collègue loyal et aimé.

Si le premier ministre et son équipe sont arrivés à cette stratégie, c’est qu’ils sont vraiment en panne d’idées. Attaquer un candidat au poste de premier ministre sur son expérience à l’Assemblée nationale est une piètre manoeuvre. On s’attend justement d’un candidat qui se présente au plus haut niveau du pouvoir qu’il possède un capital important d’expérience. Même si Ouimet était resté dans l’équipe libérale, Couillard aurait toujours pu dire que Legault était le doyen des chefs de parti.

Deuxièmement, Couillard souhaite donner un comté « facile » à sa nouvelle recrue, l’ex-hockeyeur, Enrico Ciccone.

Qu’a Ciccone de si spécial que le premier ministre le préfère à un député qui a fait ses preuves auprès de son électorat depuis près d’un quart de siècle ? On peut se questionner sur les compétences qui justifieraient de lui donner la place d’un député d’expérience tel que Ouimet.

Ça démontre en tous cas la grande difficulté de Couillard à recruter des candidats de stature. Voyant sa perfidie, les candidats approchés devraient sans doute y penser à deux fois.

L’image du premier ministre entachée 

Lorsqu’un premier ministre s’engage à soutenir un de ses députés et se dédit en faveur de la nouvelle saveur du mois, on est en droit de se demander ce que valent les promesses qu’il nous fera dans les prochaines semaines.

En reniant sa parole envers le député François Ouimet, Couillard a fait plus que trahir un engagement personnel, il a brisé le contrat de confiance que pouvaient encore avoir les citoyens avec lui. Sans parler de ses propres troupes. Voir son chef manquer de la plus élémentaire  loyauté envers un collègue, ça doit faire peur. Les quelques amis libéraux avec qui j’en ai discuté sont abasourdis.

Cette journée a le potentiel de marquer les esprits. Comment faire confiance à un chef comme Couillard qui trahit la parole donnée à son plus ancien et loyal député?

Le chef du Parti libéral risque d’apparaître à plusieurs comme un personnage perfide et sans empathie. 

Frank Underwood a maintenant un digne successeur.