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Un pionnier du théâtre québécois n’est plus

Le comédien Albert Millaire a marqué le paysage artistique pendant des décennies

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« Albert Millaire était un pionnier. Il a, avec d’autres acteurs, tracé le chemin et ouvert la voie pour toute une génération de comédiens. »

Marie-Thérèse Fortin était une toute jeune comédienne lorsqu’Albert Millaire, décédé mercredi à l’âge de 83 ans, l’a dirigée dans la pièce On ne badine pas avec l’amour au Trident, à Québec, en 1991.

« J’avais un rôle de jeune première et j’étais très impressionnée par cet homme qui avait joué les plus grands rôles. Il était un des grands noms du théâtre au Québec à cette époque. J’étais un petit peu nerveuse », a-t-elle raconté, lors d’un entretien.

Albert Millaire en octobre 1980.
Photo d'archives
Albert Millaire en octobre 1980.

La comédienne a découvert un homme très généreux, qui l’a encouragée, et qui l’a éclairée dans sa façon d’interpréter le personnage de Camille.

Ils se sont retrouvés, 21 ans plus tard, sur le plateau de tournage du téléroman Mémoires vives, où il jouait son père. Ce fut son dernier rôle à la télé.

« J’étais très contente de le retrouver. Jouer avec lui, c’était comme conduire une voiture Bentley. C’était la classe et c’était agréable. C’était un partenaire de jeu exemplaire », a-t-elle laissé tomber.

Albert Millaire est décédé chez lui entouré de ses proches. Il serait décédé d’un cancer selon les informations obtenues par Le Journal.

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Une lourde perte

Immortalisé dans la sphère publique à la suite d’une publicité où il vantait les qualités de la gomme Clorets, le comédien a connu une carrière bien remplie sur les planches, au cinéma, à la télé et comme metteur en scène.

Albert Millaire en avril 2002.
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Albert Millaire en avril 2002.

Stéphane Laforest, directeur et chef de la Sinfonia de Lanaudière, a perdu un ami qu’il aimait beaucoup. Albert Millaire participait depuis 20 ans à des concerts au cours desquels il préparait et faisait la lecture de textes sur Vivaldi, Chopin, Mozart et autres compositeurs.

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« C’était un chic type qui disait les vraies affaires. Il me faisait rire avec son franc-parler. Ça cliquait et on avait du plaisir. Il faisait partie du conseil d’administration des Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts et la culture, et on fermait le bar de l’hôtel ensemble lors des cérémonies annuelles. C’est une lourde perte pour le monde de la culture », a-t-il dit.

Le Théâtre du Nouveau Monde rendra hommage au comédien et metteur en scène lors d’un événement qui se tiendra au cours des prochaines semaines.

Albert Millaire en 1996.
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Albert Millaire en 1996.

Sa carrière

  • Il a joué à la télé dans Le Courrier du Roy (Michel LeNeuf), dans la série D’Iberville (Pierre Le Moyne d’Iberville), Monsieur le Ministre (Paul Goddefroy), Wilfrid Laurier (Sir Wilfrid Laurier), Road to Avonlea (Pierre Lapierre), L’héritière de Grande Ourse (Julien Beaumont), Le volcan tranquille (Épiphane Plamondon) et Le cœur a ses raisons (Doug Montgomery)
  • Il a mérité le Gémeau de Meilleure interprétation dans un rôle de soutien dans un téléroman avec le personnage d’Antoine Hamelin dans le téléroman Mémoires vives en 2014.
  • Au théâtre, il a joué dans les classiques Hamlet, Lorenzaccio, Don Juan, Tartuffe, Amadeus, Le mariage de Figaro, Le Misanthrope et Urfaust.
  • Il a tourné au cinéma dans La vie heureuse de Léopold Z., Mustang, J’en suis, Sur le seuil, Aurore et L’enfant prodige.
Albert Millaire en 1985.
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Albert Millaire en 1985.

Ce qu’ils ont dit

« Je tutoyais son personnage dans le téléroman Mémoires vives et je le vouvoyais entre les scènes. C’était un grand homme et ça va rester gravé dans ma mémoire. »

– Catherine Renaud

« C’était un homme hyper impressionnant. Il avait une présence et un charisme incroyables. Il avait accepté de jouer dans Le cœur a ses raisons, même si ce n’était pas quelque chose de conventionnel. Il aimait la vie. »

– Marc Labrèche

« C’était un homme très simple et extrêmement modeste. C’était un vrai artiste. Il faisait ce métier avec passion et engagement. C’était un vrai travailleur qui ne tenait rien pour acquis. »

– Lorraine Pintal, directrice artistique du TNM