/investigations/truth
Navigation

L’effet libéral sur la main-d’œuvre

Philippe Couillard
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Philippe Couillard

Coup d'oeil sur cet article

Pendant toute la campagne électorale, Le Journal passe au peigne fin les promesses des partis et les déclarations des candidats, pour vous permettre de départager le vrai du faux.


L'énoncé

Pendant le congrès des jeunes libéraux tenu la fin de semaine dernière, Philippe Couillard s’est lancé des fleurs lors de son discours.

« Notre stratégie a tellement bien marché qu’on est passé du chômage à la pénurie de main-d’œuvre. Nous avons créé des emplois payants. Désormais, on est confronté à la pénurie de main-d’œuvre », s’est exclamé le premier ministre.

Les faits

Dans sa plus récente stratégie sur l’emploi, le gouvernement constate « un phénomène de rareté de main-d’œuvre pour les employeurs ». Selon le document, la baisse du taux de chômage, amorcée en 2008, s’est accélérée pour atteindre 6,1 % en 2017 au Québec.

Quelle est la responsabilité des libéraux dans cette situation ? L’Heure juste a interrogé deux experts.

« Difficile de prétendre que la pénurie de main-d’œuvre est le résultat de la stratégie du gouvernement », explique Yves Carrière, professeur du Département de démographie de l’Université de Montréal.

Il soutient que le manque de main-d’œuvre est plutôt lié en bonne partie au vieillissement de la population active, qui réduit le nombre de travailleurs disponibles.

S’appuyant sur les projections de l’Institut de la statistique du Québec, l’expert affirme que cette situation n’est pas près de changer.

« Le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans est en baisse et le sera probablement jusqu’au début des années 2030 », dit-il.

Benoît Laplante, professeur du Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique de l’Université du Québec, va jusqu’à émettre des réserves sur la notion de pénurie.

« On passe d’un marché du travail déséquilibré nettement favorable aux employeurs à un marché plus équilibré dans lequel les travailleurs peuvent exiger de meilleures conditions de travail », fait-il valoir.

M. Laplante juge que les libéraux ont peu à voir avec la situation de l’emploi au Québec.

Il attribue la bonne tenue de l’économie québécoise et son bas taux de chômage à « l’effet expansionniste des déficits du gouvernement fédéral et peut-être même de ceux du gouvernement de l’Ontario ».