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Maison de retraite demandée pour les aînés LGBTQ+

Maison de retraite demandée pour les aînés LGBTQ+
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Vieillir sans retourner dans le placard constitue toujours un véritable défi pour de nombreuses personnes âgées gaies, au point où Montréal est maintenant prête à ouvrir les portes d’une toute première résidence pour aînés LGBTQ+.

À Berlin, New York ou Stockholm, on retrouve déjà ce genre d’habitations qui s’adressent précisément aux personnes âgées issues de la diversité sexuelle.

Du côté de Montréal, qui célèbre en ce moment sa Fierté gaie, l’Habitat Fullum est le seul centre pour aînés qui réserve 50 % de ses chambres aux résidents homosexuels.

Selon Line Chamberland, titulaire de la Chaire de recherche sur l'homophobie à l'Université du Québec à Montréal, il est étonnant que la métropole n’ait pas encore ce type de résidence sur son territoire.

«Avec une résidence pour eux, ça donnerait une visibilité aux aînés LGBT et on ne pourrait plus les ignorer. Ces personnes âgées seraient des exemples et ils auraient un rôle de dynamiseur. Ce sont des éléments qui manquent dans la société et ça briserait aussi l’isolement de ces gens qui pourraient se regrouper à cet endroit », croit Mme Chamberland.

Même réaction de la Fondation Émergence, qui a mis sur pied le programme « Pour que vieillir soit gai » en 2009.

«Qu’il y ait une seule résidence pour les aînés LGBT, on peut comprendre », explique Laurent Breault, directeur général de l’organisme.

«Avec l’historique existant — le fait d’être homosexuel était une maladie mentale dans le passé —, les personnes âgées peuvent être tannées de devoir lutter, poursuit-il. Certains voudraient être ensemble et ne plus subir de l’homophobie ou de la transphobie en vieillissant. »

Défi plus large

Toutefois, M. Breault n’est pas convaincu que ce type d’aménagement est une solution miracle pour aider les 110 000 aînés LGBTQ+ du Québec à assumer leur orientation sexuelle.

«C’est une solution de plus, mais les aînés sont déjà dans des résidences. On préconise que toutes les maisons de retraite soient plus accueillantes, plus ouvertes et plus au fait de la réalité de ces gens», affirme-t-il.

Les personnes âgées choisissent en général une résidence en fonction des soins donnés avant de penser à l’orientation sexuelle, note la Fondation Émergence.

L'ARC (Aînés et retraités de la communauté), un regroupement d'aînés gais de 50 ans et plus à Montréal, serait aussi favorable à une maison de retraite LGBTQ+.

«Le défi, ça serait surtout d’harmoniser tout le monde dans le même centre. Pas sûr, par exemple, que les gais voudraient tous être avec des transgenres ou vice versa, c’est là que le bât blesserait. Mais c’est un défi réalisable », dit Michel Paré, membre de l’ARC.

«L’enjeu principal, selon moi, c’est de faire en sorte que toutes les résidences pour aînés soient plus ouvertes au niveau du personnel et des résidents», conclut-il.