/news/society
Navigation

Campagne-choc refusée : la SPCA fustige la STM

Campagne-choc refusée : la SPCA fustige la STM
Courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) a dénoncé le refus de la Société de transport de Montréal (STM) d’afficher dans son réseau la campagne AniMAL, qui vise à sensibiliser le public à la souffrance des animaux de ferme et à réclamer des lois provinciales pour encadrer leur traitement.

La campagne-choc, lancée la semaine dernière par la SPCA de Montréal, présente notamment l’image d’un porc en piteux état. À travers les barreaux de sa cage, il regarde l’objectif de la caméra d’un œil triste.

Sous l’image, on peut lire «la souffrance infligée aux animaux de ferme est cruelle, inhumaine et intolérable. Pourtant, elle est complètement légale. Ensemble, exigeons que notre gouvernement réglemente le traitement des animaux de ferme pour mettre fin à la maltraitance.»

Dans un billet publié jeudi sur le site d’Infopresse, la directrice générale de la SPCA, de Montréal Élise Desaulniers explique que la campagne a été refusée par la STM car l’organisme n’était «pas confortable avec le message et le visuel véhiculé».

«Pendant que le bacon d’une chaîne de déjeuners tapisse les murs du métro, il n’y a pas de place pour la photo d’un cochon vivant ou d’un outil qui sert à castrer les veaux», a déploré Mme Desaulniers.

La STM se défend

De son côté, la STM a défendu sa position. «Ce n’est pas une question d’être confortable ou pas, a précisé Philippe Déry, porte-parole de la STM. La décision a été prise puisque l’affiche ne respectait pas le Code des normes canadiennes de la publicité.»

Ce n’est pas l’image, mais le texte qui posait problème à la STM. D’abord, en affirmant que la souffrance est complètement légale, il contreviendrait à l’article 1 du Code, qui interdit les déclarations mensongères, selon les explications de M. Déry.

L’article 11, qui interdit de faire des campagnes de frayeur, a également été enfreint, selon la STM, qui constatait «une certaine généralisation» dans le message véhiculé.

Enfin, la campagne AniMAL ne répondait pas aux exigences de l’article 14C, qui interdit de dénigrer un groupe d’individus et d’entreprises. «On considère qu’il y avait dénigrement du travail des producteurs agricoles. Et on peut statuer qu’il y en a sûrement parmi eux qui font bien leur travail.»

M. Déry a précisé que la STM avait suggéré à la SPCA de lui soumettre une nouvelle proposition publicitaire, en ajustant les éléments litigieux. La SPCA aurait décliné l’offre.