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Chico, bienvenue dans la vraie game

Enrico Ciccone
Photo Agence QMI, Joel Lemay Enrico Ciccone

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Hier matin, après une nuit d’insomnie, Enrico Ciccone était encore sonné par ce qui se passait. La une du Journal, les commentaires blessants à la radio, la télévision et surtout toute la partie égouts des réseaux sociaux.

À un moment donné, son grand gars qui étudie pour devenir pompier, s’est tourné vers lui et son regard ne mentait pas : « C’est-tu vraiment de toi dont on parle comme ça ? »

Bienvenue dans la vraie game mon Chico. Y pas grand-chose qui se règle par une bagarre face à face contre le dur de l’autre équipe dans le merveilleux monde de la politique. C’est sournois, parfois pervers, vicieux et salaud.

Pas pour rien que Mario Dumont qui interviewait Chico à TVA hier l’appelait Monsieur Ciccone et le vouvoyait gros comme le bras. Pour créer une distance avec son ancien collègue à TVA. Parce que Chico n’est plus un être humain, il est maintenant un politicien.

LA COUPABLE, C’EST COUILLARD

Le responsable de ce micmac (appropriation culturelle !!!), c’est Philippe Couillard. Mais pour le monde ordinaire et certains animateurs de radio, c’est Ciccone qui a tassé François Ouimet. D’ailleurs, ce monsieur Ouimet avait été réélu avec une majorité de 15 000 voix. Ça veut-tu dire qu’on se contrefiche de la volonté du peuple dans les officines des big boss libéraux ? Mets-en. Mais ça, c’est pas de la faute à Chico.

Je défends Ciccone et pourtant, et il le sait, je ne voterais pas pour lui. Sur un principe de base. Je crois que la nation québécoise serait mieux défendue et servie si le Québec était un pays. Je pense que la survie et la progression du français seraient mieux assurées par un pays. Je pense que vaut mieux être propriétaire que locataire. Et je pense que depuis 1995 nous subissons un état de guerre sans même que les citoyens s’en doutent.

Et je pense qu’il y aurait moyen d’accueillir, de respecter et de partager les responsabilités de la vie publique avec nos concitoyens anglophones et les nouveaux venus tout en faisant grandir notre culture.

Donc Chico que je connais depuis plus de 20 ans, dont j’ai failli acheter la maison et dont j’ai été le voisin à Sainte-Adèle, Chico avec qui j’ai brassé des dossiers importants, que j’estime et qui est un ami, n’aurait pas eu mon vote.

Il le sait et c’est bien correct ainsi.

MAUDITE CONDESCENDANCE

Mais dans tout ce qui s’est passé, il y a un point qui me contrarie grandement.

La condescendance des commentateurs et analystes politiques. Le mépris des bien-pensants. Depuis 24 heures, Ciccone n’est pas analysé sur ce qu’il est ou ce qu’il a fait depuis quinze ans ou 25 ans. Il a été agent de jeunes joueurs pour Gilles Lupien. Pas un grand agent payé des millions. Un humble qui allait conseiller des gars de 17 et 18 ans dans les arénas des petites villes. Il se battait pour eux. J’en ai été le témoin. C’est lui aussi qui est à l’origine des scandales du dopage dans le hockey junior, lui qui a dénoncé la violence du hockey mineur, lui qui a porté sur la place publique le drame des commotions cérébrales. Lui-même souffre encore de certaines séquelles. Parfois, il a de brefs blancs de mémoire qu’il estime être dû à toutes ces bagarres et ces coups reçus. Il le reconnaît et continue d’aller au front pour ceux qu’il veut défendre.

Ça ne veut pas dire que Ciccone est un héros immaculé. J’ai souvent trouvé qu’il n’arrivait pas à s’éloigner de son rôle d’agent protecteur pendant les trois ans passés à travailler avec lui à tous les jours à la radio. Pour défendre certains joueurs contre les méchants journalistes, il lui est arrivé d’aller trop loin et de blesser des gens. Mais au moins, il défendait un point de vue.

VULGAIRE JOUEUR DE HOCKEY

Encore hier après-midi, la vie d’Enrico Ciccone se limitait à un aspect présenté le nez pincé et la bouche tordue d’un rictus : « Ciccone, c’est un joueur de hockey... ». Honnêtement, un danseur du 281 aurait été mieux perçu par nos « intellozzz ».

C’est quoi ce mépris ? Serge Savard, Mike Bossy, Guy Lafleur, Ken Dryden, Mario Lemieux, Luc Robitaille, Jacques Lemaire, Patrick Roy et je peux vous soumettre 100 autres noms, ont été des joueurs de hockey. Ils ont commis des erreurs. Mais ces hommes intelligents ont été formés par un sport dur qui les a obligés à se surpasser. Ils ont voyagé, connu le monde, ils ont appris à faire passer l’équipe en premier, ils ont développé des qualités de courage et de détermination que tous les analystes qui regardent Chico de haut ne peuvent même pas rêver d’avoir.

Cette condescendance s’étend à tout le sport. Je ne donnerai pas d’exemple du Journal pour ne pas être accusé de favoritisme en insistant sur la maîtrise universitaire de François-David Rouleau mais croyez-vous que mon confrère et compétiteur Philippe Cantin est moins sérieux et moins engagé que les penseurs d’État ? Il est diplômé en droit, il a été le grand patron de la rédaction de La Presse pendant dix ans et pourtant, il a décidé de redevenir un « humble » chroniqueur de sport. Sa pensée serait moins noble ?

Et soit dit en passant, notre Joseph Facal est-il moins brillant quand il couvre brillamment la Coupe du Monde de soccer au Brésil que dans sa chronique de la page 8 ?

Thank you very much, diraient Elvis et M. Couillard.

 

Stevenson à Québec le 1er décembre

C’est Jean-Charles Lajoie, un grand ami personnel du promoteur Yvon Michel qui a lancé la nouvelle. Puis, on a obtenu la confirmation. Adonis Stevenson défendra son titre contre Oleksandr Gvozdyk  au Centre Vidéotron le 1er décembre.

C’est ce qu’on devrait  annoncer même si Mauricio Sulaiman  a tweeté que le combat serait présenté à Montréal.  Mais avant de réserver la chambre d’hôtel, on va attendre un peu. La dernière fois, on a eu droit à une conférence de presse à Montréal et à des beaux posters de Stevenson et Badou Jack le jeudi. 

Et le vendredi, c’était rendu à Toronto.

Laurent Poulin, tu réserves où ?