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Ironman Mont-Tremblant

Ce week-end, 2800 athlètes amateurs et professionnels se jetteront dans les eaux du lac Tremblant pour traverser la 6e édition de l’épreuve mythique de 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42,2 kilomètres de course à pied.
Photo courtoisie, Ironman Mont-Tremblant Ce week-end, 2800 athlètes amateurs et professionnels se jetteront dans les eaux du lac Tremblant pour traverser la 6e édition de l’épreuve mythique de 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42,2 kilomètres de course à pied.

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Ce week-end, 2800 athlètes amateurs et professionnels se jetteront dans les eaux du lac Tremblant pour traverser la 6e édition de l’épreuve mythique de 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42,2 kilomètres de course à pied. La machine Sanders sera du départ.

Prétendants sérieux pour le sommet du podium, le Canadien Lionel Sanders, 30 ans, et l’Américaine Meredith Kessler, 40 ans, tous deux ayant remporté l’épreuve de 70.3 à Mont-Tremblant en juin dernier (3 h 40 min 38 s et 4 h 14 min 35 s, respectivement).

Les pros à Tremblant

Rappelons que Sanders a terminé deuxième au Championnat du monde Ironman à Kona en 2017 (8 h 4 min 7 s), moins de trois minutes derrière l’Allemand Patrick Lange. La participation du Canadien à l’Ironman Mont-Tremblant (et sa potentielle victoire) est un passage vers son réel objectif : s’imposer comme champion du monde à Hawaï cet automne. Il dit être en meilleure forme que jamais, ayant perdu 10 lb en éliminant la viande et les produits animaliers de son alimentation. « Tremblant sera un test pour Kona, afin de déterminer si tous les changements que j’ai faits dans ma nutrition, dans mon entraînement et même sur ma position sur le vélo feront la différence », dit Sanders.

Quant à Kessler, elle affiche une forme impressionnante à peine neuf mois après avoir donné naissance à son fils Mak, deux médailles d’or déjà en poche à la distance demi-ironman. Elle se dit impatiente de retrouver la distance Ironman, à laquelle elle accumule des victoires depuis 2010.

À surveiller, chez les hommes, l’Anglais Joe Gambles qui se présente à Mont-Tremblant pour une première fois et qui a bouclé plus tôt en saison l’Ironman Cairns en Australie en un prometteur 8 h 4 min 3 s et l’Américain Matt Russell, qui se remet à la compétition avec fougue après s’être fait frapper par une voiture au Championnat du monde en 2017. Chez les femmes, l’Anglaise Liz Blatchford (2e place à Ironman Mont-Tremblant en 2015) cherchera peut-être à mettre une deuxième victoire Ironman au compteur cette année (Philippines), alors que l’Américaine Jodie Robertson semble en excellente forme, ayant saisi la médaille d’argent au Championnat nord-américain Ironman au Texas en avril avec un temps de 8 h 43 min 16 s

Vingt-cinq athlètes professionnels masculins et dix-neuf athlètes professionnelles féminines seront du départ à Mont-Tremblant, plusieurs à la recherche des précieux points de qualification nécessaires à leur participation au Championnat du monde Ironman à Kona.

Nos Québécois

Le jeune athlète Antoine Jolicoeur-Larouche, 24 ans, entend bien prendre sa revanche, ayant été contraint d’abandonner au 70.3 à Mont-Tremblant. Il s’est consacré à sa préparation tout l’été dans les Laurentides. Régulière année après année dans le top 10, Caroline St-Pierre, 30 ans, vient juste d’annoncer qu’elle devra se retirer de la course, se remettant des séquelles d’une chute à vélo. Aussi présents comme athlètes professionnels québécois : David Lacombe, Sacha Cavalier, Caroline Martineau, Valérie Bélanger et Cindy Dubois.

IRONMAN MONT-TREMBLANT EN CHIFFRES

  • 3800 m de natation
  • 180 km de vélo
  • 42,2 km de course à pied
  • 2801 athlètes
  • 1276 du Canada
  • 499 du Québec
  • 56 pays
  • 25 athlètes professionnels masculins
  • 19 athlètes professionnelles féminines

La machine Sanders

« Je sais que j’ai le potentiel de me tuer en poussant en compétition, comme un cheval fou. Je dois faire attention », admet Lionel Sanders, 30 ans.

L’Ironman n’est pas qu’un sport pour le Canadien. En 2009, étouffé par des problèmes de consommation de drogue, il a été effleuré par l’idée du suicide. Plutôt, il se rabat dans un coup de tête vers une participation à l’Ironman Louiseville, après avoir emprunté de l’argent à sa mère. Il franchit la ligne d’arrivée en un temps respectable de 10 h 14. L’histoire de rédemption, par excellence.

Or, ce n’est pas tant son passé qui retient l’attention aujourd’hui, mais ses performances impressionnantes et ses méthodes d’entraînements inorthodoxes, dont de brutaux entraînements intérieurs sur le tapis ou sur les rouleaux, qu’il considère comme plus efficaces.

L’athlète de Windsor, Ontario se qualifie de « homebody ». Il s’entraîne seul, directement dans sa banlieue ontarienne, suivant une routine plutôt stricte. Il fait tout par lui-même. « Je veux que la responsabilité repose sur mes épaules ; ce n’est qu’avec soi-même qu’on peut être vraiment honnête dans ses entraînements », dit le triathlonien.

De moins en moins piètre nageur, Sanders se distingue sur le circuit néanmoins toujours par sa puissance sur deux roues (moyenne de 42 km/h sur 180 km au Championnat du monde) et ses qualités de coureur (2 h 47 min 16 s au marathon à Ironman Arizona en 2017). Après avoir perdu 10 lb en adoptant une alimentation vegan cet été, il aspire à de toujours meilleures performances en course à pied. Il s’est aussi concentré à peaufiner sa technique sur le vélo afin de ne « plus seulement me fier à ma force brute, mais devenir un meilleur pilote ».

Tous ses efforts se concentrent vers une victoire au Championnat du monde Ironman. Cette année, il se sent plus prêt qu’il ne l’a jamais été.

Les différents visages de l’Ironman

Il y a les athlètes élites, et il y a tous les autres, qui se sont dévoués à abattre un volume d’entraînement de quinze, vingt, trente heures par semaine, à travers les autres exigences de leur vie professionnelle et personnelle.

Chacun des 2801 participants a son histoire. On vous en présente trois.

Nadia Muselle : de la Zumba à l’Ironman

« Alors que j’assistais aux cours de danse de mes enfants, j’avais remarqué des cours de Zumba dans un local voisin, raconte la mère de famille de cinq enfants de Brossard. Ce n’est pas tant le sport qui m’a d’abord accrochée, mais le plaisir que toutes ces femmes semblaient avoir entre elles. »

À 35 ans, entre le travail et les enfants, il ne restait pas beaucoup d’espace pour le reste... « Ni pour Nadia la femme ! », précise Nadia Muselle. Jusqu’à son premier Ironman cette année, une suite d’événements s’emboîtent, comme si cela avait toujours été dû : les cours de Zumba au Énergie Cardio, la découverte des autres sessions de groupe, dont le spinning, la rencontre avec une entraîneur qui croit en elle et l’invite à participer à une course à pied, les distances qui s’allongent, le triathlon qui se pointe le bout du nez, le spring, l’olympique, le 70.3, et surtout, une communauté sportive qui donne du sens à tout ça.

« Je fais aujourd’hui partie d’un club de triathlon, je suis entourée de personnes merveilleuses ; même mon fils de 11 ans s’est mis au triathlon avec moi », dit Nadia Muselle. D’inactive à 70 lb en moins, la nouvelle athlète se rend maintenant plusieurs fois par semaine au travail en abattant une distance à la course de 16 km, en plus des entraînements de vélo et de natation. Pas une once de recherche de performance, que du plaisir en groupe, et celui de se retrouver après s’être oubliée quelques années.

Raymond Lévesque : 23e Ironman à 66 ans

« Je suis en excellente forme ! D’autant plus que je suis à la retraite depuis 6 mois, je peux presque m’entraîner comme un athlète professionnel, ce qui implique la petite sieste après le dîner », dit Raymond Lévesque, 66 ans, de Saint-Hippolyte. L’athlète vise une première place dans sa catégorie d’âge à l’Ironman Mont-Tremblant, ce qu’il doit aller chercher comme classement pour espérer sa 7e qualification pour le légendaire Championnat du monde de Kona.

Raymond Lévesque pratique le triathlon depuis plus de 20 ans, et il y dédie depuis entre 15 et 25 heures par semaine. « Même maintenant que je suis à la retraite, je ne prends pas beaucoup de temps pour bricoler sur la maison », précise-t-il, mi-sérieux. Il prend plaisir à inspirer les gens à se mettre à bouger. « C’est ce que j’aime de donner des cours de spinning », ce que l’homme fait cinq fois par semaine. 2018 serait sa dernière année sur la distance Ironman. « J’avoue que c’est un running gag, parce que ce n’est pas la première fois que je le prétends », dit Raymond Lévesque. Il n’est pas question de raccrocher sa combinaison isothermique, son vélo et ses souliers de course, mais de se rabattre sur des demi-ironman. « Peut-être que j’aurai plus de temps pour faire autre chose... pourquoi pas de la randonnée en forêt ? » dit Raymond Lévesque.

Gabriel Patry-Gagnon : un Ironman à 18 ans

Gabriel n’a pas fait le 70.3 Tremblant dans le cadre de sa préparation pour l’Ironman. « Il avait juste 17 ans, ce n’était pas légal ! », précise son père, Lucien Gagnon, 45 ans. Plutôt, celui-ci l’a accompagné à un demi-ironman en Ohio.

« Ça ne s’est pas très bien passé, avoue Lucien Gagnon. Gabriel est parti trop rapidement, il faisait une moyenne de 36 km/h au vélo... et il a manqué de jus pour la course à pied. » « La gestion de l’énergie, c’est à travailler », ajoute son père. Lucien Gagnon s’y connaît, il a déjà franchi la ligne d’arrivée de 15 Ironman. En 2011, il est passé de sédentaire à marathonien, et un an plus tard, à Ironman. « Je ne suis pas dans la modération », admet le Montréalais.

Gabriel ne tient pas tant à suivre les traces de son père. « J’ai envie de montrer que les jeunes aussi, on est capables de grandes choses », dit l’adolescent de 17 ans. Après l’expérience du demi-ironman, tous deux se sont assis ensemble pour déterminer si le projet Tremblant tenait encore la route. « On s’est mis d’accord pour suivre un rythme très conservateur à Tremblant, même si c’est difficile pour Gabriel. Et on restera côte à côte pendant les quinze ou seize heures de l’événement », explique son père, ambulancier, qui sait que les choses peuvent mal tourner.