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L'indépendance

L'indépendance

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Contrairement à ce que plusieurs commentateurs politiques répètent à tous crins, on va parler d’indépendance lors de la campagne électorale 2018. Malgré tout ce que peuvent tenter de faire croire certains partis politiques, la question nationale n’est pas morte.

Lors de la campagne électorale, le PLQ va « harceler » François Legault pour qu’il prononce une « franche et sentie » profession de foi fédéraliste. Les libéraux seront sûrement tentés de faire peur aux électeurs en soutenant que la CAQ a un lapin dans son chapeau : un référendum caché; malgré l’engagement contraire du chef caquiste.

François Legault passera (trop?) de temps à renier son passé péquiste auprès d'électeurs anglophones et issus de l’immigration. Ceux-là même qui se demanderont si la CAQ est l’échappatoire pour éviter de voter, comme à l’habitude, pour le PLQ. Le chef de la CAQ répétera aussi souvent que nécessaire que son gouvernement ne fera pas de référendum. Que, lui, il n’est plus souverainiste. Mais sera-t-il assez fédéraliste aux yeux de cet électorat pour faire mal au PLQ et espérer obtenir un mandat majoritaire?

Du côté du PQ, Jean-François Lisée a certes promis de ne pas tenir de référendum au cours d’un prochain mandat. Mais le chef péquiste n’arrête pas de répéter qu’il n’a pas abandonné la souveraineté : il a même détaillé son plan pour l’indépendance d’ici 2022 dans les médias sociaux hier

Le PQ ne peut pas céder ce terrain à Québec solidaire.

Et c’est sans parler des sorties récentes de Jean-Martin Aussant qui ne veut pas être en reste de ses anciens camarades d’Option nationale rendus à Québec solidaire et qui forcent le parti de gauche à faire de l’indépendance une priorité électorale. Aussant parle même (avec raison) de « l’omniprésence de la souveraineté ».

Dans les faits, Québec solidaire a bel et bien l’intention de parler d’indépendance dans cette campagne électorale. Sol Zanetti et Catherine Dorion, anciennement d’ON et candidat-e-s de QS aujourd'hui, se sont même payés des panneaux publicitaires à Québec, clamant « Québec libre ». La fusion avec Option nationale va laisser des traces jusqu’en campagne électorale du côté des Solidaires. Pas le choix, un large bassin d’électeurs potentiels pour QS se situe du côté péquiste : on n’invente rien ici.

La question nationale n’est pas morte

Les relations de la nation québécoise avec l’État fédéral ne sont pas réglées avec le report en 2022 d’un référendum par un hypothétique gouvernement péquiste. Ottawa réussit encore à imposer au Québec ses choix politiques et continue d’empiéter sur les fameuses « compétences provinciales ».

Qu’il suffise de penser aux pipelines qu’on tente de faire passer au Québec sans notre consentement. Aux paradis fiscaux qui nous coûtent des milliards $ et aux ententes internationales à leur sujet, auxquelles le fédéral adhère ou pas en notre nom. Aux traités économiques internationaux, comme l’ALENA qui au départ était contesté au Québec mais que nous subissons quand même depuis vingt ans. Ce même accordde l'ALENA qui se renégocie actuellement par Ottawa en notre nom, encore une fois sans nous.

À chaque décision que prend le gouvernement du Québec, la Cour suprême du Canada peut venir la renverser. Sur la base d’une constitution que le Québec n’a jamais signée. Qu’est-ce que ça nous prend de plus?

Les Québécois ont encore le choix le 1er octobre

Tant que cette situation perdurera, l’indépendance du peuple québécois sera un choix. C’est la voie pour se donner les moyens de régler un paquet de problèmes. Ou à tout le moins de ne plus avoir un gouvernement, une cour de justice et une constitution contre lesquels se battre.

À l’élection du 1er octobre, les Québécois auront encore le choix entre des partis qui croient en la fédération canadienne, donc au statu quo, et deux autres partis qui ont choisi l’indépendance comme faisant partie de la solution, comme projet politique qui donne l’élan pour réaliser tout le reste.

C’est clair que le PLQ et la CAQ appartiennent à un camp et le PQ ainsi que QS à l’autre.

Les souverainistes auront aussi le choix

Le PQ prône "l’étapisme" mainrtenant. Il veut dans un premier temps rétablir la situation au Québec pour par la suite tenir un référendum en 2022. De son côté, QS a pris l’engagement de réunir, dès son élection, une Assemblée constituante formée de citoyennes et de citoyens venant de partout au Québec, de toutes les origines, pour écrire une nouvelle constitution d’un Québec indépendant.

Ce sont deux stratégies bien différentes. Mais ça demeure des choix offerts aux électeurs qui pensent encore que le Québec a besoin de tous ses moyens pour se réaliser. Et ces électeurs représentent encore pas loin de la moitié des Québécois.

L'indépendance... comme l'hiver !

Qu’importe, que vous soyez d’un bord ou de l’autre, la question nationale va teinter assurément la prochaine campagne électorale. C’est comme l’hiver au Québec : on ne s’en sortira pas.

Des doutes de Philippe Couillard à l'égard de la "foi fédéraliste" de François Legault, à la défense de celui-ci qui aura beau renier ses racines péquistes, en passant par les explications de Lisée et de son plan étapiste pour la souveraineté et au vu des déclarations indépendantistes de Québec solidaire, encore plus pressé que le PQ d'y arriver, y a-t-il encore du monde pour croire que la question nationale ne fera pas partie de la prochaine campagne électorale au Québec?