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Couillard et son talon d’Achille

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Aux yeux de ses intimes, son épouse au premier chef, Philippe Couillard doit avoir des qualités indiscutables. Mais depuis qu’il est entré en politique, peu de personnes ont pu faire l’éloge de son empathie ou de sa sensibilité pour les autres.

Sa froideur et son incapacité apparente à établir un contact chaleureux avec les militants et les électeurs, à leur donner le sentiment qu’il est leur égal et non cet être qui les domine de sa science, sa culture et son intelligence calculée à partir d’un quotient intellectuel hors norme, sont connues depuis belle lurette. Ces caractéristiques n’en font pas un politicien comme les aiment les Québécois

J’ai déjà écrit à plusieurs reprises que Philippe Couillard est le seul premier ministre dans l’histoire du Québec à exprimer une telle aversion pour le nationalisme canadien-français­­­. Le neurochirurgien, admirateur avoué de la culture de l’Arabie saoudite, pays où il a pratiqué son art durant cinq ans, se méfie du vieux fonds culturel des Québécois. On a pu en prendre la mesure depuis qu’il est premier ministre.

Communautariste

En effet, il n’a eu de cesse d’envelopper ce nationalisme dans des effluves­­­ de racisme, de xénophobie et d’islamophobie. Comme par hasard, son communautarisme vibrant se marie avec le multiculturalisme, toutes voiles dehors, de Justin Trudeau dont il devrait s’inspirer peut-être pour sa capacité à séduire les foules.

Depuis qu’il est le premier ministre, même les « libéraux dans l’âme » se sentent mal aimés, voire heurtés. Il faut dire que son prédécesseur, Jean Charest, possédait des qualités nombreuses que l’on reconnaîtra lorsque les Québécois cesseront de le diaboliser. La première est certainement son affection naturelle, authentique pour le « monde ordinaire ». Sa solidarité également avec ses militants, ses collaborateurs et son caucus.

Jamais Jean Charest n’aurait éjecté de cette manière brutale et inhumaine un député comme François Ouimet, effondré cette semaine lors de son ultime­­­ conférence de presse. Ses pleurs quasi incontrôlables étaient avant tout ceux d’un homme trahi.

Pour avoir agi de la sorte et pour avoir délégué le sale boulot d’annoncer la mauvaise nouvelle au vice-président­­­ de l’Assemblée nationale à son ministre Pierre Arcand — un homme sensible, qui a dû obéir à son chef non sans malaise —, Philippe Couillard a ajouté l’insulte à l’injure et a démontré qu’il lui manque le minimum de sensibilité qu’on exige d’un dirigeant politique dans nos contrées.

Ce geste risque d’être retenu contre lui durant toute la campagne. Qui, dans son entourage, aura envie de le protéger et de l’épauler alors que les sondages confirmeront une défaite plus ou moins cuisante du PLQ ?

Philippe Couillard a toujours écarté de la main les explications moins rationnelles des comportements humains. Or, les politiciens même autoritaires s’assurent de l’appui amical de leur entourage immédiat et de leurs militants pour gouverner la plupart du temps.

Une dernière question s’impose. Philippe Couillard aurait-il agi de la même manière si le député François Ouimet avait été un Noir, un musulman, ou un membre d’autres minorités qui sont l’avenir du PLQ ?